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Voilà, je savais qu’il ne fallait pas que j’attende trois semaines pour aller voir Black Swan. Après n’avoir entendu que des éloges sur ce film, je me retrouve un peu déçue, je reste sur ma faim.
Ce qui ne veut pas dire qu’à mes yeux Black Swan ne vaut pas la peine, bien au contraire.
Nina est une danseuse à la technique parfaite et la grâce incomparable et ne rêve que d’une chose, incarner la reine des cygnes dans le ballet du Lac des Cygnes. Pour arriver à incarner avec justesse la double facette du cygne, elle devra apprendre à se découvrir et à lâcher prise.
Black Swan fait partie de ses films ovnis dont Darren Aronofsky a le secret, étranges voire dérangeants mais qui laissent à réfléchir. Natalie Portman brille par son interprétation minutieuse de danseuse étoile, mais n’éblouit pas autant que dans d’autres films aux personnages moins rigides et lisses. Son interprétation ne s’éveille vraiment que dans une seconde moitié de film, comme le veut le scénario, reliant la perfection selon Nina à l’ennui le plus inexpressif (on a d’ailleurs bien envie de filer une paire de claque à la Portman, mortellement frigide).

Au final la perfection n’est pas du tout ce que Nina s’imagine; la perfection n’est pas dans le regard d’autrui, mais dans la manière de vivre, intensément, et quelque part, atteindre cette perfection signifie être imparfait pour les autres, imparfait par rapport à ces propres critères. A tel point que cette perfection contrôlée, que Nina doit apprendre à rejeter pour incarner le cygne noir est reflétée par cette interprétation en apparence ennuyeuse.

Le film nous garde sous tension, et malgré le personnage froid de Nina on ne s’ennuie pas, on ne décroche pas, sachant parfaitement que quelque chose va se passer, doit se passer.
La fin du film est d’un poétisme émouvant, le jeu d’actrice de Natalie Portman en devient impressionnant de justesse, et vit véritablement dans la folie et la résignation, créant ainsi un parallèle magnifique avec le personnage du cygne du ballet: à la fois blanc et innocent, mais aussi noir dans les recoins les plus sombres de son esprit.
Au final, à trop vouloir contrôler, on perd le contrôle, car rien n’est parfait dans la vie, mais c’est justement cela qui la rend précieuse. C’est ce que j’ai envie de retenir de Black Swan.
Avec Natalie Portman, Mila Kunis, Vincent Cassel
Production: Fox Searchlight Pictures, Cross Creek Pictures, protozoa Pictures, Phoenix Pictures
Distribution France: Twentieth century Fox France
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Après Buried et le type coincé dans un cercueil, voici 127 heures et le type coincé dans un Canyon.

127 heures, c´est l´histoire vraie de Aron Ralston, aficionado d´escalade dans les canyons, qui se retrouve le bras bloqué par une pierre au beau milieu d´un canyon, dans une zone désertée, sans avoir averti personne. En gros, ça semble mal barré. Mais pourtant Aron fera tout pour s´en sortir…
Alors dit comme ça, ça sent le film sans action, barbant (bon sang, 127 HEURES!!), mais c´est sans compter sur Danny Boyle, qui a tendance à toujours shooter ces films à l´adrénaline. Le film commence à 100 à l´heure, ce qui colle bien au personnage d´Aron, un type qui carbure au Powerade et qui n´a peur de rien. Mention spéciale pour la bande sonore, ultra vitaminée, génialissime. Bon en même temps en général les films de Danny Boyle ont une super bande sonore, rien de bien nouveau donc!
Contrairement à Rodrigo Cortes (Buried), Danny Boyle a décidé de nous faire respirer un peu, et ne nous cloisonne pas au simple espace réduit et étouffant du canyon. Non, le parti pris de notre cher ami Danny, c´est de nous faire voyager au rythme des hallucinations et fantasmes d´Aron, à travers sa vie, ses souvenirs, son histoire, ses désirs, ses regrets. Le film est donc peuplé de ses images étrangères, qui adoucissent la dureté de la situation, l´angoisse et le désespoir du présent. Tel un McGyver de dernier recours, Aron tentera tout pour se libérer, et le film tombe assez vite dans le réalisme visuellement écoeurant (mon paquet de pop-corn s´est senti délaissé vers la fin…).
127 Heures est un bon film, qui relève ce nouveau pari qu´est le film à personnage unique, bien que Buried à mon sens relevait plus de l´exploit. C´est certes un bon Danny Boyle, mais le dynamisme habituel du petit Danny se trouve un peu frustré face à l´inertie forcée du personnage, et on ne saurait exhorter le réalisateur à revenir à un style plus.. aéré pour nous mntrer toute l´étendue de son talent.
Avec James Franco
Production: cloud Eight Films, Everest Entertainment, darlow Smithson Productions, Pathé, Dune Entertainment III.
Distribution France: Pathé Distribution
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Qu’on se le dise : si Colin Firth ne gagne pas l’oscar, je fais la grève des Oscars l’année prochaine.

Il en fallait du cran pour accepter d’incarner une figure si emblématique de la résistance britannique de la seconde guerre mondiale, et surtout de la sacro-sainte famille royale (à l’époque légèrement moins people…) et d’incarner un moment d’histoire si fort. Il en fallait du talent pour arriver à interpréter le roi bègue sans le ridiculiser, en montrant aussi bien sa force que sa faiblesse face à son handicap et son devoir. Un exercice que Colin Firth maîtrise tout au long du film sans jamais forcé le trait, sans jamais tomber ni dans le loufoque ni dans le pathos. Un véritable équilibriste sur le fil de l’accord parfait.

Geoffrey rush n’est pas en reste face au duc de York, tout en simplicité et naturel, un brin d’humour ironiquement déplacé face à sa majesté royale, qui rend certains passages particulièrement savoureux. L’amitié subtile entre ces deux personnages passe très bien à l’écran.

Ici, on parle de la famille royale, et mesure et discrétion sont les maîtres mots ; il faut respecter la dose adéquate de retenue British bien sûr ! Il est certain qu’on ne peut pas le nier, ce film est un pur produit anglo-saxon, presque Shakespearien dans son dosage du drame et de la comédie. La pléthore d’acteurs anglais de renom accentue le sérieux du film.

Je tiens à finir par ce que je trouve le plus important dans ce film, le plus fort et surprenant : face à une histoire en apparence assez simple, le vilain petit canard de la famille se transforme en cygne royal, le bègue apprend à moins bégayer, mais c’est justement ce mélange subtile entre simplicité du propos et complexité historico-politique qui est intéressant. Et ce qui impressionne plus que tout, c’est la dimension psychologique du personnage du duc de York, distillée petit à petit, en dose quasi homéopathique mais suffisamment en profondeur pour nous attacher à ce personnage.

Bref, un film poignant à propos d’un homme qui réussit à se surpasser. Beau, simple, so British.

Avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham-Carter, etc.

Production: See Saw Films, Bedlam Productions, FilmNation Entertainment, Momentum Pictures

Distribution France: WildBunch Distribution

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