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Mozart Opéra Rock commence sa tournée en province à partir de Février 2010. Une fois n’est pas coutume, j’écris sur une comédie musicale et non un film. En même temps, Mozart Opéra Rock est un tel show qu’il mérite bien mon attention.

Je suis allée voir ce spectacle durant sa dernière semaine de représentations parisiennes, et ce qui m’a frappée en premier, c’est cette grande salle bondée. Jusqu’au bout, Mozart Opéra Rock aura attiré les foules de la capitale.

Mozart Opéra Rock pourrait être une énième comédie musicale comme il y en a eu tellement depuis le succès phénoménal de Notre-Dame-De-Paris, qui a remis au goût du jour la comédie musicale en France. Toutes ne sont pas d’égale qualité, mais de temps en temps, un spectacle sort du lot. C’est le cas de Mozart Opéra Rock. Pour sortir du lot, Dove Attia et Albert Cohen ont tablé sur une audace des plus risquées : frôler le sacrilège, celui d’écrire un opéra rock sur un des auteurs classiques les plus intouchables qu’il y ait. Mais ce faisant, il réussit à intéresser le grand public à cette destinée si singulière qu’est celle de ce compositeur autrichien si talentueux et génial qu’il commença à composer à l’âge de six ans…

Mozart Opéra Rock est une profession de foi dans la vie, dans la passion, dans la musique comme guide spirituel et moteur de l’existence. En ceci le Rock est une expression parfaite des sentiments de Mozart, ce passionné prêt à tout pour une musique sans compromis. La comédie musicale suit la vie de Wolfgang Amadeus Mozart depuis ses 17 ans jusqu’à sa mort, pour comprendre la fougue et le désir artistique du prodige.

Que dire à part l’évidence ? Mozart Opéra Rock déménage ; tout autant que son héros voyage de ville en ville pendant tout un acte, le spectacle nous secoue les humeurs comme un mixeur court-circuité. Nous voici dans le pays de la « Flash Attitude », un monde parallèle où Mozart était un punk avec ses immanquables vestons à paillettes plus voyants les uns que les autres ; un florilège de couleurs nous chatouille la rétine, une myriade de teintes chaudes et gaies nous dilate les pupilles. Ce sont les symptômes d’une maladie qui ne touche que les spectateurs de Mozart Opéra Rock : la flashitude aigüe ! Un syndrome bénin qui a pour conséquence la plus néfaste d’éblouir et de faire sourire la foule subjuguée ! Pour moi, les deux heures et quelques que dure ce spectacle sont une cure de jouvence à ne pas manquer !

J’aurai une mention spéciale à ajouter à propos du dernier tableau : un triple WOW (mon nouveau faux mot du moment) ! Tel un bouquet final d’un feu d’artifice déjà à couper le souffle, cette ultime scène nous achève. Plus un muscle ne résiste encore à cette invasion de plaisir combiné des yeux et des oreilles. La mise en scène ingénieuse, les costumes divins et lumineux, la musique comme un savant mélange de Rock, d’Opéra et de variétés, tout ceci nous cloue le bec et on en redemande !

Dans cet amoncellement de compliments, je n’ai quasiment pas cité la musique, à croire qu’elle ne contribue en rien au succès du spectacle ! Eh bien, Mea Culpa, car les chansons aux sonorités Rock m’ont convaincues ! ça bouge, ça chante divinement bien, ça donne envie de chanter à son tour, de se lever et de danser ! Mais Mozart Opéra Rock n’est pas un concert, et ce qui fait son intérêt c’est cette harmonie, ce savant dosage entre musique, danse et jeux de lumière et c’est ça qu’on retient.

Mozart opéra Rock a cependant quelques défauts qui n’entachent pas vraiment la qualité globale du show, mais qu’il me faut toutefois relever si je veux être objective. L’originalité des chansons n’est pas toujours au rendez-vous : j’ai plusieurs fois retrouvé les mêmes rythmes d’une chanson à une autre, comme un air de famille légèrement dérangeant, une impression de déjà entendu. Mais pour finir malgré cela sur un point positif, Mozart Opéra Rock est un pur moment de détente, trash, tragique, truffé d’humour, tout comme l’est la vie. Shakespeare écrivait « La vie est un vaste théâtre où chacun joue son rôle puis s’en va » ; la vie de Mozart dans l’Opéra Rock correspond tout à fait à cette métaphore.

Allez, the show must go on !!