Archive pour septembre 2009

Michel Gondry est un grand enfant, du type « bricolo » imaginatif et supra créatif. Quand j’essaie de m’imaginer ce réalisateur dans sa prime jeunesse, je l’imagine avec sa trousse de crayon de couleurs, ses feuilles de papier et surtout, ses ciseaux de mini « Mike Gyver »…

Ou alors, on peut déjà l’imaginer avec sa caméra grand public tenue par papa, pendant que Junior prépare ses scènes bouillantes de créativité… Parce qu’avec Be Kind, Rewind, Gondry nous propose un manuel du « Petit Magouilleur d’Effet Spéciaux sans moyens » sur fond d’histoire drôle et attachante.

Pour ceux qui ne comprennent rien, voici un petit topo : Mike travaille pour Mister Fletcher dans un petit vidéo-club désuet, tombant en ruine à Passaic. Ils louent encore des cassettes VHS, à l’heure où le DVD rase tout sur son passage….Jerry, le meilleur ami de Mike est un garagiste un peu barré, un pèquenaud, enfant terrible, maladroit et paranoïaque qui n’a pas vraiment grandi. Une catastrophe ambulante… surtout quand Mister Fletcher confie le vidéo club à Mike pour quelques jours. Jerry décide juste à ce moment-là de jouer les Don Quichotte des centrales nucléaires, et se retrouve magnétisé, à tel point qu’il efface toutes les cassettes du vidéo club ! Du coup, une seule solution pour éviter que les clients s’en rendent compte : refaire les films soi-même !

On pourrait croire qu’en ayant dit tout ça, on a raconté le film ; mais non, bien loin de là ! ceci n’est que le point de départ d’une aventure hautement loufoque, follement attachante, et drôlement sympathique ! Les personnages de Gondry débordent d’imagination, prouvant qu’on peut faire un film avec une caméra et du matériel d’école, quelques dessins ridicules, une ou deux guirlandes, pour ne citer que quelques bribes de décors farfelus !

Et finalement, quel meilleur moyen de transmettre sa passion du cinéma que de prouver aux gens que cet art n’est pas élitiste, ne demande pas de gros moyens, mais tout simplement de la motivation et de l’imagination ? Be Kind Rewind, c’est le système D des films, pour notre grand bonheur. Rien ne sert de payer, il faut avoir l’idée! Cet OVNI cinématographique est un hommage aux grands classiques du cinéma américain, tous genres et époques confondus. Chapeau bas.

En un mot : Un film qui réveille autant notre âme d’enfant que notre passion du bon cinéma.

Voilà le film socio-science-fictionnel de la rentrée.

Dans un avenir pas si lointain, un vaisseau alien débarque dans notre atmosphère et se place juste au-dessus de Johannesburg. Après une intrusion humaine dans le vaisseau, les extraterrestres, affamés et faibles, sont parqués dans des townships pour assurer leur survie et la sécurité des humains. 20 ans après l’arrivée des « Crevettes » sur terre, les humains, représentés par l’organisation MNU, tentent de les déplacer hors de la ville, dans un camp plus éloigné qui rendrait sa tranquillité à Johannesburg…

Rien qu’à lire ça, on peut déjà apercevoir un début de parallèle avec l’Apartheid, la ségrégation qui avait cours en Afrique du Sud jusqu’au début des années 90. Pas étonnant, me direz-vous, de la part d’un réalisateur du pays, dont c’est ici le premier film. Pas subtil, non plus, puisque les dix premières minutes écument, à travers un faux documentaire, tous les lieux communs de la ségrégation : on commence par nous dire que les aliens ont choisi de se placer au-dessus de Johannesburg au lieu de New York, puis on les parquent dans des townships, puis la criminalité se développe, des trafics se créent, etc. Quant aux humains, ils traitent les extraterrestres comme des simplets qu’on peut faire chanter, qu’on peut humilier, ou tuer sans aucune importance. Mais, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Ah oui, le racisme étatique sud-africain d’il y a 20 ans. Quelle coïncidence !

Le point fort de cette analogie réside dans une certaine ironie : les plus grands profiteurs de cette situation sont maintenant des nigérians, noirs donc, dans les anciens townships où devaient être parqués leurs « frères » à l’époque de l’Apartheid. Sûrement est-ce une façon de dire que personne n’est à l’abri de la discrimination liée à la peur, celle de l’inconnu, de la différence. Aussi, en prenant comme sujet des extraterrestres laids et dégoutants à souhait (c’est en tout cas mon point de vue !), avec lesquels on a du mal à s’identifier au départ, Neil Blomkamp nous met dans la peau de l’autre, celui qui se croit supérieur et qui déshumanise vite ses actes barbares.

De tout temps, les arts ont voulu dénoncer des abus, des situations honteuses, le racisme, etc. On pense notamment à la chasse aux sorcières d’Arthur Miller, ou bien encore aux films réalisés sous la coupe d’une censure, qui arrivaient néanmoins à faire passer leur message… ça c’est en subtilité, tout en métaphores fines et justes ! Neil Blomkamp, lui, a tellement peur qu’une partie de son public ne comprenne pas de quoi il en retourne, qu’ils nous exposent toutes les clés en une énumération abrutissante ; Pitié, stooop ! Quelle insulte pour le public ! Mais quand on sait que District 9 est avant tout un film d’action, dont le public vient pour grignoter bruyamment son pop corn, on peut comprendre l’inquiétude du réalisateur, auquel ce sujet de trame tient à cœur (c’était déjà le thème du court-métrage qui l’a révélé).

De l’action, ça, pour sûr, on en a, et plein les yeux, plein les oreilles, ça pétarade à foison. De la violence aussi, ce qui semble aller de pair dans ce film, où l’on se croirait presque dans un jeu vidéo, avec des armes alien qui détruisent tout sur leur passage, et surtout tout le monde. Du gore aussi on en a, avec le sang qui gicle dans tous les sens. Mais c’en est rarement insupportable, car après quelques minutes ça en devient la norme. Ce qui surprend par ailleurs, c’est l’image, dégradée, qui donne une impression de film à petit budget, mais c’est volontaire puisque le film a suffisamment de budget pour se payer des effets spéciaux assez réalistes.

Pour résumer, District 9 oscille entre critique sociale et film d’action bourrin à souhait, et aurait peut-être mieux fait de choisir d’approfondir le premier thème d’une manière plus intelligente, en nous prenant moins pour des abrutis. Pourtant, hormis ce détail, c’est un bon sujet de science-fiction, traité de manière originale. On ne s’ennuie pas, et il faut mentionner tout spécialement l’acteur principal Sharlto Copley est aussi crédible en parfait niais qu’en combattant acharné.

On dit donc bonne idée originale de scénario, bons acteurs, bon style (sauf les Crevettes, pouark), bon rythme, mais pas si bien exploité.

On peut lancer les sondages sur District 10, une sequel qu’on peut largement envisager puisque les films d’actions qui font du chiffre ont toujours une suite, non ?

Pour ceux qui veulent revoir le dingo principal, il est pressenti pour jouer Looping dans l’adaptation cinématographique de l’agence tous risques!

Premier voyage au Portugal en voiture. Premier voyage aussi long d’ailleurs. Heureusement, nous avons fait une escale dans les Landes, ce qui nous a permis de nous reposer, et surtout de bouger un peu parce que la place du milieu de la banquette arrière, j’avais oublié comme c’est inconfortable!! Et nous voilà à la frontière espagnole, puis après plusieurs heures de paysages campagnards espagnols, après avoir passé Burgos, Salamanca, nous voilà à la frontière portugaise, qui se traverse sans encombre…vive l’espace Schengen ! A 1h du matin, nous voici donc à Carvalhal Formoso, petit village typique que je ne verrai donc qu’en me réveillant…

Et quel réveil ! Voici le début des vacances, quand les premières lueurs du jour me réveillent, je sens déjà la chaleur sur moi, le soleil éclatant, voici un des grands bonheurs mérités après tant d’heures de voiture ! c’est le début de presque 3 semaines dépaysantes… J’ouvre le volet, et me voici nez à nez avec la montagne ! quelle vue magnifique, sauvage, inaltéré ; quel paysage aride, dur, et à la fois apaisant ! je suis au balcon, et déjà ailleurs.

Premier réveil au Portugal

Carvalhal formoso

La maison se situe à Carvalhal, un petit village comme il y en a tant au Portugal, avec son lot d’habitants fixes, qui vivent au rythme de l’agriculture, mais de plus en plus au rythme de la ville aussi, avec des moyens beaucoup plus importants qu’avant, comme le trahissent les nouvelles maisons qui se construisent, beaucoup plus coûteuses et raffinées que celles déjà en place. C’est la course au luxe qu’il faut exposer aux yeux de tous, pour montrer son statut social montant…

Covilha

C’est la grande ville du coin. Une ville dynamique où l’on trouve de tout, grâce notamment à son statut de ville étudiante (la faculté de Covilha semble avoir bonne réputation), qui donne un public en dehors de l’été à tous types d’activités, comme le bowling, le billard, le shopping (un très joli centre commercial de taille moyenne), une piscine avec vue imprenable sur la montagne. Ce qu’il faut dire de Covilha, c’est que la ville se situe sur un flan de montagne et non dans une vallée, le sol est donc pentu et confère tout son charme à la ville.

La piscine à Covilha, avec vue sur la montagne

J’ai testé… la fête du village au Monte do Bispo!

Mon premier jour était un dimanche, le premier du mois. Dans les petits villages au Portugal, c’est le week-end de la fête du village, une sorte de bal dansant traditionnel, animé par un artiste chanteur. Nous nous rendons à celle d’un village voisin, au Monte do Bispo. Et voici tout le monde qui danse à la portugaise ! Sauf moi, je ne connais pas les pas ! Bon peut-être pas tout le monde, beaucoup de personnes n’osent pas. En tout cas, la buvette est pleine, et la Sagres, la bière locale coule à flot ! il paraît que le samedi était plein à craquer.