Archive pour septembre 2009

Parfois, je me dis que je suis née au mauvais endroit: peut-être cela vient-il de mes origines méditerranéennes, mais toujours est-il que j’adore le Sud, le Soleil, la chaleur, et le tempérament qui va avec (bon, d’accord, pas forcément la machisme ambiant :D).

Comme j’aime beaucoup voyager, découvrir de nouveaux endroits, je voudrais partager avec vous le plaisir que j’ai eu à faire ces voyages. Et aimant donc beaucoup le Sud, ne vous étonnez pas si une majorité des articles de cette catégorie traite d’Espagne ou de Portugal, c’est ce que je connais le mieux!

– à suivre… –

Maximilien Chêne est un coach inégalable. Capable de redresser la moindre humeur défaillante, du sportif de haut niveauau chef d’entreprise aux responsabilités critiques, il aurait pourtant bien besoin d’être coaché pour oublier le Poker, la petite faiblesse qui le perdra…ou plutôt qui lui fait perdre sa femme. Criblé de dettes dans un casino suite à une mauvaise partie, il a 8 jours pour rembourser 200 000€ ; c’est alors qu’on lui propose un contrat pour le moins juteux pour coacher un directeur unique en son genre…

Mais voilà, une difficulté s’impose, le coaché ne doit pas savoir qu’il est coaché ! Et voici Patrick Marmignon, éternel enfant, rêveur, passionné de technique, et profondément humain comme sujet… Humain oui, mais l’autorité semble un mot inconnu de son vocabulaire ! Max arrivera-t-il à gagner le contrat face à un énergumène pareil ?

Et si Pierre Richard avait un remplaçant sur la scène des nigauds de service ? C’est peut-être une des conclusions les plus frappantes de ce film. Jean-Paul Rouve, par sa naïveté joviale, sa confiance en lui mal placée et sa maladresse attendrissante remporte tous les suffrages. Quand à Richard Berry, son attitude on ne peut plus sérieuse tranche avec la désinvolture de son comparse.

Le principe du duo mêlant deux extrêmes fait son retour dans Le Coach, une bonne petite comédie française comme on sait si bien en faire. Sans prétention, ce film nous fait rire, non pas aux éclats, mais gentiment, joyeusement, si bien qu’on en ressort d’excellente humeur.

Bien sûr, tout comme dans les comédies de Francis Weber, spécialiste des films à duos comiques, les deux personnages, que tout semble séparer, finissent par se rapprocher et découvrir les bons côtés de l’autre. De même, le « nigaud » n’est finalement pas si nigaud et peut aider à son tour le « futé ».

Il n’y a pas grand-chose d’autre à dire sur ce film, qui se veut sans prétention, à part que c’est une petite bouffée d’air frais dans le ciel de cette rentrée morose.

Mais qui est donc ce réalisateur Alien, capable de réaliser Tesis, sommum de l’angoisse, à Mar Adentro, drame sublime?

Mar Adentro est l’histoire vraie de la vie, ou plutôt la mort de Ramón Sampedro, le premier espagnol à avoir demandé au gouvernement la légalisation de l’euthanasie active. Un thème comme on le voit, particulièrement fort et dramatique, qui évite pourtant le piège du mélo à faire pleurer dans les chaumières.

Je ne dis pas que Mar Adentro ne vous fera pas pleurer, mais l’émotion passe en subtilité, sans grand discours, sans jeu théâtral de la part des acteurs, simplement par l’évocation du drame même qu’est la vie de Ramón. On s’imagine à sa place, on comprend son point de vue, qu’on soit pour ou contre l’euthanasie.

Plus qu’un film promouvant la légalisation de l’euthanasie, ce film montre la vitalité, l’intensité, la joie de vivre d’un homme qui veut mourir. C’est un paradoxe particulièrement déroutant, qu’on a du mal à accepter, mais qui fait là toute la beauté de ce film. Car c’est en montrant un homme si exceptionnel et rationnel que Ramón Sampedro qu’on comprend ce que l’euthanasie peut lui apporter. Un homme aussi bon, aussi intelligent mérite une fin à sa hauteur : il mérite de retrouver la liberté dont il se sent privé.

La réalisation, à la fois aérienne et ouverte sur un monde de possibilités est assez impressionnante de sobriété, dans le bon sens du terme. C’est la musique qui surprendra le plus, presque enjouée, pleine de vie, d’histoire, d’espoir ; une musique aux accents celtiques, inspirée, qui nous transporte aux antipodes de la chambre confinée de Ramón.

Un grand bravo aux acteurs, sobres, réalistes, émouvants ; et à la maquilleuse qui a dû passer des heures à vieillir Javier Bardem tout en douceur pour rendre crédible son rôle de quinquagénaire tétraplégique.  Ce dernier arrive à faire passer toute la tragédie d’être bloqué sur un lit tout en transpirant la bonne humeur et le charme opère instantanément. Belen Rueda sort de son registre habituel (à l’époque elle sortait tout juste de la série La Famille Serrano, série familiale à caractère humoristique) et l’on prend alors conscience de tout son talent dramatique, sous-exploité jusqu’ici.

On remercie Amenábar pour cette grande leçon de vie, de cinéma et ce trop plein d’émotions qui donne envie de croquer la vie à pleine dents, nous qui pouvons serrer dans les bras les êtres chers.