Archive pour octobre 2009

Quand les billets des concerts ont été mis en vente l’année dernière, je n’en avais pas acheté. Pour la même date, je pouvais aller voir U2 au Stade de France, et ça me paraissait bien plus intéressant, car en termes de stars « quadra » ou « quinqua », Bono semble beaucoup plus en forme. Maintenant que j’ai vu le film This is it, je me rends compte que j’aurais beaucoup perdu en ratant ce concert !

Mettons les choses au clair : si vous trouvez que regarder la vidéo d’un concert, un spectacle de danse, un making-off est inutile, ou tout simplement que vous n’aimez pas Michael Jackson, passez votre chemin, loin, loin de ce film !

Michael Jackson’s This is it (le titre entier, même si un peu long) n’est pas un documentaire sur la vie de Michael Jackson. Loin de là. On reste très loin de tous les débats sur sa vie privée, ses problèmes de santé, les procès, le vrai du faux, etc. Ici, on ne s’intéresse qu’à l’artiste, et quel artiste !

This is it nous montre les coulisses, les préparatifs titanesques de la tournée éponyme, et l’on se rend compte au fil des images de l’ampleur et le faste que la tournée devait arborer. C’était un véritable show à l’américaine, avec feux d’artifices, murs de feux, écrans géants à gogo, etc. Tout pour vous éblouir. Sur un écran de cinéma, c’est déjà impressionnant ; alors j’imagine l’émoi que cela aurait provoqué dans une salle de concert…

Etrangement, This is it m’a fait pensé à un autre documentaire, sorti quelques années auparavant: Lost in la Mancha, qui montrait les coulisses du tournage du Don Quichotte de Terry Gilliam, ou une chronique d’un échec annoncé ; on y suivait le réalisateur et les acteurs, de problème en problème, jusqu’à l’accident de Jean Rochefort l’empêchant de tourner le film et provoquant ainsi l’annulation du projet. En voyant le documentaire sur Michael Jackson, j’ai ressenti la même frustration, le même pincement au cœur à l’idée que le projet ne verra pas le jour…

On découvre petit à petit le Michal Jackson « off » celui qui prépare sa tournée, de manière consciencieuse, ultra-professionnelle, tout en étant décontracté. Il ne crie jamais, même quand quelque chose ne lui convient pas ; il explique calmement, et tout le monde l’écoute, en sachant très bien qu’ils ont à faire à la plus grande pointure en termes de show man. C’est le professionnalisme de l’équipe entière qui ressort aussi, avec des petits moments très cocasses (Kenny Ortega énumère le déroulement de l’action d’une voix difficilement plus monocorde : « on laisse applaudir, les gens deviennent fous, et là on reprend »).

On assiste comme des petits voyeurs aux répétitions, dans lesquelles Michael ne se donne forcément pas à fond, pour se préserver pour le grand jour… Eh bien pour une performance retenue, c’est déjà pas mal ! On a un petit aperçu à minima de ce qui aurait pu être, de ce à quoi aurait ressemblé la tournée d’adieu de Michael Jackson. On se moque de savoir s’il aurait pu faire les cinquante concerts à Londres, un seul aurait déjà permis de rentrer dans l’histoire et de connaître toutes les idées extravagantes prévues pour l’occasion. En effet, on n’a pas lésiné sur les moyens, les effets spéciaux, les accessoires (tracteurs, araignées robots, etc.), les costumes (bandelettes et masques de zombies auraient dû côtoyer des tenues incrustées de cristaux Swarowski), etc.

Malgré une anecdote bien amusante montrant le trop plein d’émotions de certains fans irréductibles à la vue de ce documentaire (une jeune femme dans la salle s’est écriée : « Pourquoi t’es mort ? » vers la moitié du film, ce qui a forcément provoqué l’hilarité des premiers rangs !), je dirai que le point faible de ce documentaire est l’incapacité inhérente au support cinématographique de transporter les fans : on regarde un documentaire, mais un documentaire qui se contente de « montrer » sans directement analyser. On profite donc des musiciens au top de leur forme, d’un Michael Jackson qu’on redécouvre, des danseurs exceptionnels, mais sans connaître la ferveur du public, l’effervescence de la scène. En tant que spectateurs, on reste frustrés : pris d’une envie incontrôlable d’applaudir à la fin des chansons, on se retient face au silence de la salle obscure ; jamais on ne rentre vraiment dans l’atmosphère de la salle, et c’est pour ça qu’on peut considérer le film un peu trop long, car ce qui est largement acceptable comme durée pour un concert, grâce à l’ambiance, le sentiment de vivre un moment unique, ne l’est pas quand on regarde un film au cinéma, qu’on peut revoir et revoir, sur petit et grand écran.

Malgré ce bémol, ce documentaire musical est une réussite, réalisé avec passion par un Kenny Ortega qui adore la musique et nous le fait sentir, capturant les derniers instants musicaux de la star, du King of Pop ; Michael Jackson se révèle bien un roi, entouré de sa cours d’artistes phénoménaux, telle une cour des miracles musicaux.

Production: Sony Pictures Entertainment

Distribution: Sony Pictures Releasing France

Août 2009.

Voici venu le jour de l’excursion à Torre, le point culminant du Portugal, à presque 2000 mètres d’altitude, en haut de la Serra da Estrela (la montagne de l’étoile). La route que nous empruntons pour monter, monter… et encore monter, est magnifique. Elle est bordée de rambardes, ce qui apparemment ne date que de quelques années (ce qui ne manque pas de me glacer le sang rétrospectivement !!). Si vous décidez d’aller à Torre, n’oubliez pas votre boîte chewing-gum ou n’importe quoi qui vous aidera à supporter la pression au niveau des oreilles ! Il y a plusieurs arrêts à faire sur la route jusqu’au sommet, pour admirer le point de vue. Des petits emplacements pour garer des voitures sont réservés à cet effet. Un des arrêts vous permettra aussi d’accéder à l’eau de source de la Serra, où vous pourrez remplir votre bouteille…d’eau à 6 degrés !! Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il crève de chaud, cette eau reste toujours à 6 degrés. Mettez vos mains sous l’eau c’est…hum, vivifiant !! Un autre arrêt est à faire un peu avant l’arrivée au sommet, face à la sculpture de la vierge Marie dans la pierre (voir photo ci-dessus). On se demande comment elle a été réalisée, vu l’altitude et sa taille imposante (on distingue légèrement une personne en haut des marches, venue prier la Vierge, on réalise alors le gigantisme de l’oeuvre…).

Les routes menant à TorreEntre 1000m et 2000m d’altitude, tout monte très vite, mais vous ne vous en rendrez compte qu’une fois en haut, ou en redescendant, quand vous aurez la vue sur les routes que vous venez d’emprunter. Là, c’est très impressionnant de voir la pente de la route… Mais le plus impressionnant bien sûr, c’est la vue une fois arrivé au sommet, qui donne sur toute la chaîne de montagne. A couper le souffle. On a du mal à réaliser qu’on est au sommet du pays, qu’on domine toute la vue. L’air est pur au possible, presque difficile à respirer. Au sommet vous trouverez un petit marché couvert si vous voulez acheter des produits typiques comme le fromage de la Serra, du jambon, des lainages ou du cuir…

Mon avis sur Torre et la Serra da Estrela : les paysages sont magnifiques, et doivent attirer pas mal de touristes (surtout en hiver avec le ski) mais peu d’infrastructures ont été prévues à Torre même, ce qui donne une impression de vide, comme si on arrivait en plein désert et qu’on nous avait collé un petit marché pour ne pas nous faire déprimer. Mais Torre n’est pas une ville et n’en a meme pas l’apparence et c’est bien triste. Une ville tout en haut du Portugal, ça, ça fait rêver ! En attendant, ne tentez pas de prendre les petites routes pour monter à torre pendant l’hiver, la route est souvent bloquée pour cause de neige.

Dernier conseil : même sous 40 degrés au soleil quand vous commencez votre périple, prévoyez une petite veste pour l’arrivée à Torre, l’altitude fait baisser la température et vous pouvez avoir très froid !

Comment caractériser le nouveau film de Steven Soderbergh ? C’est aussi difficile que de caractériser le personnage principal de ce nouveau film. The informant ! cache en effet bien son jeu : de prime abord, il semble rentrer dans la catégorie des comédies totalement barrées, prenant un sujet sérieux et le décalant totalement.

Mark Whitacre est le plus jeune directeur de son entreprise ADM. Il n’a que le maïs et la lysine à la bouche, et pas tellement mieux dans son assiette. Mais découvrant un virus dans leurs usines, ADM décide de faire appel au FBI pour découvrir le saboteur. Mark va non seulement collaborer, mais même dénoncer les négociations illicites de fixation des prix auxquelles est mêlée ADM… Il devient alors informateur, position qu’il vit comme un rôle d’acteur de cinéma, avec le même zèle, et l’apparence grotesque en plus. Il passera d’ailleurs son temps à se comparer à Tom Cruise dans La Firme !

A partir de là, commence la chasse à la vérité, à tel point qu’on s’y perd. En fin de compte, qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est faux ? Steven Soderbergh ne doit pas le savoir lui-même, et c’est son désarroi qui transparaît à travers l’écriture de ce personnage aussi énigmatique qu’illogique. On comprend mal finalement ses motivations, ce qui nous laisse sur notre faim quand l’épilogue arrive… On ne sait toujours rien pour sûr !

C’est en partie pour cette raison que ce film laisse une impression mitigée ; aussi, on a le sentiment que ça traîne en longueur, alors que le film ne dure qu’1h47, ce qui est probablement dû au fait qu’on nous fait tourner en bourrique pendant toute la première partie du film. On croit qu’on regarde un film d’espionnage mais on assiste finalement à la décadence de Super « Mytho » Man.

Mentionnons maintenant la prestation jubilatoire de Matt Damon, toujours à la limite entre le sérieux que confère son poste de directeur, et la caricature qu’amène son caractère mythomane et plein d’espoir naïf. On le félicite aussi pour son relooking « sac à patates », bien loin du beau blond à midinettes qu’on a déjà pu voir !

Dans ce panel d’éléments mitigés, on notera néanmoins quelques excellents points dans la réalisation, et quelques trouvailles scénaristiques :

Premièrement, je dis un grand merci pour le choix de la musique de Marvin Hamlisch, gaie et entrainante… qui semble-t-il n’a rien à faire là ! Dans des séquences d’espionnage, de double-vie, la petite musique joyeuse et dansante provoque un décalage intéressant, qui reflète sûrement l’enjouement de Mark dans son rôle de « gentil » qui lutte contre les « méchants ».

Deuxièmement, on entend très souvent une voix off qui représente les pensées de Mark, une voix qui énonce des propos en total décalage avec l’action ou la conversation en cours, des propos d’un calme et d’une banalité qui déroutent. On comprend petit à petit que rien n’angoisse Mark, mentir et jouer un double jeu lui sont une seconde nature.

Et pour finir, le meilleur point du film, la petite touche humoristique : les dialogues réservent quelques petits moments cocasses très agréables à suivre, comme une petite note de légèreté dans toute cette mascarade psychologique.

The informant ! essaie donc de transposer un sujet a priori grave et sérieux dans un registre de comédie décalée ; mais l’essai n’est pas assez concluant, à cause d’un scénario mal équilibré et d’un sujet adapté d’une histoire vraie sur lequel personne n’a le recul suffisant.

En bref : un Soderbergh sympa, mais il nous a habitué à mieux, que ce soit dans le divertissement pur (Ocean’s Eleven) ou dans le film plus social (Erin Brokovitch).

Avec Matt Damon, Scott Bakula, Mélanie Linksey

Production : Section Eight

Distribution : Warner Bros.