Archive pour novembre 2009

C’est l’histoire d’un couple, Burt et Verona, qui attend un enfant. Tout va pour le mieux, jusqu’à ce que plus rien n’aille, en fait… Le couple s’est installé près des parents de Burt, pour offrir une véritable famille à leur progéniture. Mais voilà, les deux futurs grands-parents décident d’aller vivre en Belgique, à des milliers de kilomètres du futur-né. Plus rien en retient alors Burt et Verona, qui cherchent ainsi un nouveau port d’attache qui leur correspondrait vraiment, et où ils pourraient élever avec amour le bébé. Ainsi commence un long périple arpentant les Etats-Unis et même le Canada, testant les différents climats, les différentes cultures, et leurs différents amis…

Ainsi commence surtout la rencontre de personnages plus bizarres les uns que les autres, telle une galerie de bêtes de foire qui frôle le cliché ou plus couramment se noie dedans ; par pêché de surenchère, Dave Eggers et Vendela Vida, les deux scénaristes, nous présentent divers couples, plus extrêmes les uns que les autres, et des situations plus folles ou dramatiques les unes que les autres. Alors oui, on comprend bien, le cliché nous permet de saisir l’enjeu essentiel derrière chaque épisode anecdotique ; mais certains passages sont tellement saugrenus que l’on n’y croit pas une seconde, ce qui signifie en conséquence qu’en tant que spectateur passif on n’adhère pas non plus, et on reste donc crispé sur son siège… Certaines scènes nous font beaucoup rire, mais elles sont trop rares à mon goût.

Dans ce film, il s’agit d’une quête d’identité, de fuir pour mieux revenir, de courir pour mieux se reposer. C’était une bonne idée de départ, que ce couple partant à la dérive, vers l’inconnu, pour devenir en quelque sorte adultes et indépendants, mais qui malheureusement n’est pas traité à la hauteur de mes espérances.

De ce film, je retiens surtout une longueur constante dans le rythme, sûrement voulue par Sam Mendes, mais qui aurait gagné à être dynamisé plus souvent. L’humour est subtilement distillé, mais de manière trop timide pour nous réveiller. L’histoire de ce couple d’amoureux qui découvre la paternité à travers tous les mauvais exemples de parents croisés sur leur chemin ne touche pas vraiment, certains moments d’émotion restant même opaques à mes yeux…

Je ne dis pas non plus que le film n’a aucun intérêt, mais celui-ci repose quasi-intégralement sur les épaules des deux acteurs principaux que sont Maya Rudolph et John Krasinski, deux acteurs quasi inconnus, qui n’ont en tout cas jamais été de véritables têtes d’affiche. Imaginez la pression de ces deux acteurs, à devoir sauver le film ! Mais ils y arrivent plutôt bien, en nous offrant quelques moments de grand humour, plus liés à la façon de jouer de Krasinski, avec son sourire niais « émail-diamant » qui met d’emblée de bonne humeur. J’espère le revoir prochainement au cinéma, car c’est véritablement la révélation du film, et son point le plus positif.

Production: Big Beach films, Neal Street Productions

Distribution France: Mars Distribution

Avec John Krasinski, Maya Rudolph

“Abre los ojos, abre los ojos”… Ces mots nous hantent durant la totalité du film, chuchotés dès les premières secondes, comme une requête plaintive…

Pourtant César n’a aucune raison d’ouvrir les yeux. Le grand génie du film, c’est qu’on ne sait jamais lorsqu’ils sont ouverts ou non : autrement dit, on oscille entre rêve et réalité, entre fantasme et éveil. Ouvre les yeux, c’est le genre de film qu’il faut voir plusieurs fois pour remettre les morceaux du puzzle l’un après l’autre, et pour comprendre alors la complexité d’un scénario merveilleusement maitrisé.

Ce scénario, on le doit à Mateo Gil et Alejandro Amenabar, un duo plus que talentueux qui écrase toute forme de scepticisme sur son passage. César (Eduardo Noriega) est un jeune homme à qui tout réussit. C’est un bel héritier, amoureux des femmes, mais amoureux d’aucune. Jusqu’au jour où il rencontre Sofia, interprétée par une Penelope Cruz pleine de fraîcheur, incarnant l’orée du changement dans la vie de César, un avenir d’amour véritable…

Mais un changement ne vient jamais seul : en sortant de chez Sofia, il croise Nuria, une ex-amante envahissante qui va tout faire pour le récupérer…Jusqu’à se suicider avec César dans la voiture. Mais César, par chance ou malchance, survit, et se retrouve défiguré après l’accident. Sa vie change du tout au tout, lui qui vivait une vie de conquêtes féminines se renferme sur lui-même, aux confins de sa conscience.

C’est avec cette trame qu’on commence une aventure dans l’esprit humain, dans ses méandres les plus reculés, essayant nous-mêmes de distinguer le vrai du faux, ce qui se déroule dans notre réalité et ce qui émane de l’esprit de César.

Ouvre les yeux est donc un thriller psychologique s’il en est, une enquête mené par César lui-même, et sur son propre esprit.

Amenabar mène d’une manière particulièrement habile son bateau, il nous guide exactement là où il veut, et ce thriller psychologique nous angoisse et nous tourmente, nous faisant rentrer dans l’intrigue à corps perdu… On sursaute, on se désespère, on reste hébété… Tout comme le personnage.

L’atmosphère d’Ouvre les yeux est d’une noirceur incroyable. On suit le point de vue de César, un point de vue qui oscille du pessimisme à l’incompréhension la plus totale, sans jamais être totalement positif. Le seul rayon de lumière dans cet océan de noirceur, c’est le visage de Sofia et son sourire qui s’illumine, comme un soleil dans la nuit.

A noter : Ouvre les yeux sera adapté aux Etats-Unis en 2001, repéré par Tom Cruise, qui produira et interprètera l’adaptation intitulée Vanilla Sky, de Cameron Crowe. Pour ma part, cette adaptation est fidèle à un point qu’on se demande l’intérêt même d’un nouveau film, à part peut-être pour faire connaître ce brillant scénario au monde entier.

Année: 1997

Production: Las producciones del Escorpion

Distribution France: AFMD

Ils sont forts chez Pixar : ils peuvent prendre n’importe quel sujet qui nous rebrousse les poils, et en faire une comédie douce et attachante. Après avoir redoré le blason des rats, nos ennemis détestés , voici que Pixar s’attaque maintenant aux sujets tabous par excellence, la vieillesse et la mort…

Carl est un petit vieux aigri, qui semble n’aimer plus personne depuis la mort d’Ellie, sa femme, qui représentait tout pour lui. Terré dans sa maison, il refuse de la vendre à un promoteur sans scrupules qui trouvera bien vite un moyen de se débarrasser de notre vieil homme solitaire : une maison de retraite ! Rien de pire aux yeux de Carl, qui envisageait sa vie bien différemment, et qui décide de réaliser enfin le rêve qu’il partageait avec Ellie : aller en Amérique du Sud, aux chutes du Paradis… Et le voilà qui s’envole, avec sa maison, à grands renforts de ballons gonflés à l’hélium, pour de nouvelles aventures, en guise d’adieu et d’ultime hommage à sa défunte femme…

Seulement voilà, Carl n’avait rien prévu de toutes les aventures qui lui arrivent : sur le porche de sa maison volante, Russel, scout en herbe et bavard à en épuiser un sourd s’est retrouvé surpris et coincé par l’envol soudain de la demeure. Voilà donc 2 générations opposées qui sont obligées de cohabiter…pour le meilleur, mais surtout pour le plus drôle.

Je suis une grande fan de Pixar, pas besoin de le cacher, il est très difficile de ne pas aimer ce studio qui travaille toujours ses scénarii autant que ses graphismes. Pas besoin de complexifier les images, l’important est de faire passer les émotions les plus humaines possibles ; et à ce jeu-là, Pixar bat tous les records.

Pixar nous offre encore une fois un bout de leur magie. Car c’est bien de magie qu’il s’agit, lorsqu’on nous résume la vie de Carl et Ellie, depuis leur mariage jusqu’à la mort d’Ellie, sans un mot, à croire que les mots ne reflètent pas suffisamment bien le bonheur et l’émotion d’une vie entière… une succession de scènes attachantes et vraies sont animées devant nos yeux, presque embuées par la véracité du message, universel et beau; merci Pixar.

Malgré tout, même si j’aimerais véritablement finir sur cette note élogieuse, je ne peux pas m’empêcher de penser que Là-Haut a quelques petits défauts dans le scénario : des chiens qui parlent grâce à des colliers décodeurs, au fond d’une jungle ??? Je veux bien être ouverte d’esprit, mais ça me passe largement au-dessus.

Peut-être que je ne suis pas le public pour ça, c’est bien possible. Mais c’est justement ce qui est ambigü dans ce film, car l’animation en fait certainement un film pour enfants, l’humour en fait quelque chose qui plaît à tout public, mais le fond et la profondeur du sujet en fait quelque chose de très adulte, dont peu d’enfants peuvent percevoir la tristesse et l’angoisse qui y sont associées. Car il s’agit avant tout non pas de la quête d’un jeune enfant qui devient grand, mais d’un vieux monsieur qui redevient jeune, en quelques sorte… il s’agit d’un homme qui refuse d’abandonner son passé, qui s’accroche à celui-ci comme il s’accroche à sa maison et qui met tout le film avant de comprendre qu’il doit se refaire un avenir à lui, accepter le dur changement qu’est la mort de sa femme. C’est un sujet poignant, qui demande un certain vécu pour en comprendre toute la teneur.

Conclusion : Là Haut est un Pixar à voir, en famille, et chacun en retiendra et en aimera ce qu’il veut ; c’est ça la magie des studios Pixar !

Production: Pixar Animation Studios

Diistribution France: walt Disney Motion Picture France