Archive pour novembre 2009

J’ai passé quasiment une journée entière au parc des nations. Il faut aller à la station Oriente (terminus de la ligne rouge, très facile d’accès). Oriente est la gare internationale de Lisbonne, mais c’est aussi l’endroit qui a été choisi comme lieu de l’Exposition Universelle de Lisbonne de 1998. Le Portugal n’a pas lésiné sur les moyens pour cette exposition, construisant une pléthore de pavillons (le pavillon de la connaissance, le pavillon Atlantique, etc.) ainsi qu’un aquarium géant, (l’un des plus grands d’Europe) et un centre commercial qui n’a rien à envier à nos centres commerciaux parisiens !
Lentrée du Centre Commercial: non ce nest pas une image de synthèse

L'entrée du Centre Commercial: non ce n'est pas une image de synthèse

Tout le quartier respire le neuf et le design à plein nez, avec une esthétique ultramoderne, toute dans les transparences. Quand on sort de la gare Oriente, on se retrouve face au centre commercial, avec le quartier de l’Expo juste derrière : en le voyant pour la première fois, j’ai cru que j’étais plongée dans une simulation de construction d’un immeuble, vous savez, quand on veut vous vendre un appartement sur plan, vous avez toujours des images 3D pour simuler l’aspect que votre appartement aura ? Eh bien le centre commercial Vasco da Gama, c’est l’image de synthèse devenue réalité ! Ce centre est un véritable paradis pour les shopping addicts : tous les styles, toutes les envies, de Pepe Jeans à Stradivarius (marque espagnole très peu répandue en France) en passant par Pull & Bear, bref des heures de shopping interminables devant vous !

Le pont Vasco da Gama, le plus long pont dEurope

Le pont Vasco da Gama, le plus long pont d'Europe

Une fois le centre commercial traversé, vous arrivez sur l’esplanade de l’Expo : l’allée aux drapeaux est magnifique, immense, et vous amène jusqu’au ponton, pour une balade au-dessus de l’eau. A savoir, la balade peut être très longue si vous flânez, prévoyez une bonne plâtrée de crème et un chapeau pour éviter de cramer ! Eviter carrément la balade un jour de canicule, c’est insupportable… Depuis le ponton, vous pouvez admirer le pont Vasco da Gama, à la longueur record de 17 kilomètres de long. Autant vous dire que vos yeux ne peuvent pas le percevoir dans son ensemble, vous devinez seulement sa fin. C’est vraiment une vue impressionnante que ce pont gigantesque, dont le but est de relier le Nord au Sud du pays sans avoir à passer par le centre de Lisbonne (qui n’est pas du tout adapté aux voitures…Essayez de trouver une place pour vous garer d’ailleurs, vous comprendrez votre malheur !). Ce pont est une réussite à la fois esthétique et pratique, et brille tel un mirage sur l’Océan.

Un aperçu de lOcéanorium de Lisbonne

Un aperçu de l'Océanorium de Lisbonne

Nous arrivons ensuite à l’Océanorium, élément phare de l’Exposition universelle, construit spécialement pour l’occasion, mais qui dix ans plus tard continue d’attirer des touristes du pays et de l’Europe toute entière. Après trois heures passées à visiter chacune des salles de cet aquarium de 5000 mètres cubes, je peux vous dire qu’il mérite son succès ! Sur deux étages, on peut étudier la vie de l’aquarium principal, peuplé notamment de requins, de raies, et d’un poisson-lune aussi horrible qu’impressionnant !

D’autres salles en surface nous permettent de découvrir la faune terrestre et l’on y observe des pingouins (le spectacle des pingouins qu’on nourrit est à la fois fascinant et amusant), des oiseaux qui volent au-dessus de votre tête, et des loutres paresseuses qui posent pour les photos, avachies sur leur bout de bois flottant sur l’eau.

Au bout du compte, 250 espèces différentes y sont représentées soit 8000 animaux et 10000 plantes . C’est la visite à faire en famille, qui ravira petits et grands ! Prévoyez une petite veste car il fait très frais à l’intérieur, et au bout de trois heures on est gelés !

Quand j’ai vu Brice de Nice, je me suis dit : « Mon dieu, c’est impossible de faire un navet pareil. Plus jamais on ne m’y prendra » !

Et me voilà à aller voir Lucky Luke, réalisé par James Huth, déjà réalisateur de Brice de Nice, avec le même Jean Dujardin en acteur… Je m’attendais au pire. Eh bien en s’attendant au pire, on finit par être agréablement surpris(e)!

Lucky Luke est particulièrement bien incarné par Jean Dujardin, le caméléon du cinéma français, mais tellement bon en comédie qu’on ne lui en demande finalement pas plus. Soyons d’accord, même si Dujardin est plutôt bon dans ce rôle de Lucky Luke, il n’est pas totalement fidèle bien sûr. Mais on a plaisir à l’y voir et c’est déjà pas mal.

Pour faire bref mais bien, ce film retrace les « origines » de Lucky Luke, depuis l’assassinat de ses parents devant ses yeux à Daisy Town, son apprentissage du tir, à la légende vivante de l’homme qui tirait plus vite que son ombre. Quand le président du pays lui demande de retourner à Daisy Town pour nettoyer la ville des crapules qui la tiennent, il accepte, et devient sheriff intérimaire, contra la bande du Joker, l’homme qui a tué ses parents…

On s’en doute, ce Lucky Luke se veut assez sombre, avec des ressorts psychologiques bien plus poussés que dans un album de la bande dessinée. Le film oscille donc entre western, comédie, et drame.

C’est un sacré pari que James Huth a décidé de relever, car traiter un scénario avec de tels variatons de genre n’est pas sans danger. Malgré de très bonnes idées, des traits d’humour bien faits, et un angle d’attaque de l’histoire qui se démarque de la bande dessinée, le scénario de Lucky Luke présente des  ressorts dramatiques mal équilibrés, puisque l’intérêt du film retombe vers la moitié du long-métrage.

Durant la première moitié du film, on est dans la phase de découverte : on nous présente les personnages, un Lucky Luke avec sa houpette caractéristique, le justicier mystérieux. On fait connaissance avec l’humour du film, ses gags, on est dedans.

Pour la deuxième moitié du film, on commence à trouver le temps long ; la résolution finale est un peu décevante, et la période « paysanne » de Lucky Luke n’est pas forcément passionnante, servant surtout de terrain au développement de l’idylle entre Belle et lui  (même si certains moments sont hilarants dans sa passade amoureuse, grâce notamment au duo Lucky Luke /Calamity Jane).

Autre détail décevant : où sont les Daltons ? Où est Rantanplan ? Pour une adaptation au cinéma, on s’attendait à voir les méchants les plus typiques et le chien le plus flemmard de la bande dessinée ! Ces personnages caractérisent tellement le succès de Lucky Luke qu’on n’attendait que ça ; à la place on a le droit à un Billy the Kid assez amusant, une Calamity Jane castagneuse mais fidèle, et un Jesse James citeur de Shakespeare sans autre véritable intérêt. Moi, je voulais voir le casting de Joe, Avrel & co !

Pour finir sur une note mitigée, James Huth a retenu certaines leçons d’Alain Chabat en matière d’adaptation de BD cultissimes : On retrouve quelques éléments qui avaient fait le succès d’Astérix : Mission Cléopatre, tels que l’humour enfantin, les anachronismes, une bande son ultra rythmée (mention particulière pour cette Bande Originale, qui nous plonge dans une version post-moderne du Farwest, avec de bons vieux rock et morceaux country). Mais là où Alain Chabat avait eu la sagesse de s’attaquer à l’album le plus vendu d’Astérix, en reprenant à la lettre le génial scénario de la bande dessinée, en collant presque aux images, et en se concentrant sur le peaufinage des dialogues et la réalisation, James Huth part en vrille et oublie ce qu’on préfère chez Lucky Luke : il en oublie presque l’attente du public, les fans de la BD, qui avaient déjà d’énormes réserves en franchissant la porte d’entrée du cinéma et qui ressortent déçus.

Malgré une réalisation assez imaginative et des ingrédients intéressants, la petite cuisine de Lucky Luke ne nous transporte pas dans la nostalgie du feuilletage de la bande dessinée.

Production: UGC YM
Distribution: UGC Distribution