Archive pour décembre 2009

WOW. Un vrai, grand WOW.

Depuis le temps que j’attendais le nouveau film de James Cameron (pour les moins cinéphiles, le papa des Terminator 1 et 2, des sublimes images sous-marines d’Abyss et du gigantesque Titanic), j’avais décidé d’aller le voir en Imax 3D à Disney Village, le seul écran Imax de la région ( L’IMAX est un format de pellicule capable d’exposer des images d’une plus grande taille et d’une meilleure résolution que les pellicules conventionnelles). Malheureusement, les syndicats du RER A en ont décidé autrement… Bon, plan B: je vais au Max Linder. Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette salle parisienne mythique, le Max Linder Panorama est un cinéma indépendant avec un magnifique écran panoramique et un son exceptionnel (c’est le seul cinéma labellisé THX à Paris, la technologie sonore utilisée dans Star Wars et breveté par Mister George Lucas!). Il ne fallait rien de moins mythique et prestigieux pour apprécier ce film qui s’annonçait comme la révolution graphique du cinéma.

Le film commence, on met les lunettes 3D: c’est le point négatif de cette technlogie: les lunettes! Pas du tout pratiques à mettre quand on est déjà binoclarde à la base… En prime, je mets toujours une bonne demie-heure pour m’habituer à la vision 3D, qui me donne un bon mal de crâne.

Mais Avatar en vaut la peine. Aller voir Avatar, c’est s’accorder 2h40 de Dépaysement avec un grand « D », loin de notre Terre, de notre galaxie! Nous autres spectateurs sommes plongés dans un monde follement coloré, exotique, insensé. On en prend plein la vue, tour à tour émerveillés, secoués, époustouflés; mais sans jamais s’ennuyer. Avatar est un bijou graphique et la 3D y est tellement naturelle qu’elle nous entoure, nous ennivre, nous habille d’une nouvelle peau: on est sur Pandora, la planète des Na’vis. Tout y est fluide, tout y scintille. On en redemande. ENCORE, de ces merveilleuses images dynamiques, à couper le souffle; ENCORE, de ces sensations fortes! A tel point qu’on est confus: est-ce une animation, sont-ce des images réelles, comment peut-on atteindre un tel résultat d’animation des na’vis? On remercie James Cameron d’être toujours à la pointe de la technologie, de ne jamais se contenter de l’existant et de toujours pousser la recherche; car ce film est l’aboutissement d’une année entière dédiée à la recherche et au développement nécessaires à la réalisation d’Avatar. On comprend mieux alors le demi milliard d’investissement évoqué à propos du projet. Réaliser Avatar, c’est tabler sur l’avenir des technologies 3D  et de la performance capture, et repousser les limites du plaisir visuel. Quelle sera la prochaine étape?

Resituons l’action d’Avatar: dans un futur indéterminé, Jack Sully, ancien marine paraplégique quitte la Terre pour participer à une mission scientifique, en remplacement de son frère biologiste, mort peu avant le départ… Mais l’ADN de Jack, compatible avec celui de son frère, permettra de piloter des « avatars » faits de sang humain et de sang Na’vi, et qui permettront aux humains d’aller étudier de plus près la civilisation en place pour mieux s’approprier leurs ressources naturelles, dont la Terre a besoin pour continuer à vivre en consommant sans compter.

Ma critique d’Avatar ne sera pas la chronique d’une perfection annoncée. Si visuellement le film impose le respect et un silence des plus humbles, le scénario, lui, reste criticable. J’aurai vraiment souhaité que le « maître » à qui l’ont doit Terminator, film d’action des mieux ficelés et dont l’action reste tout le temps maîtrisée, prenne plus de temps pour penser les us et coutumes des Na’vis. On s’attendait à un puits de créativité, à une vision du monde
réinventée pour mieux critiquer notre civilisation décadente et régie par la consommation; mais au lieu de ça, c’est une tentative bien superficielle de recréer une culture: nous voilà chez les « peaux bleues », cousins des « peaux rouges »! James Cameron n’a imaginé qu’une énième civilisation indienne, comme il y en a eu tant d’autres sur notre Terre. Nous voulions faire un bond dans l’avenir, nous faisons un grand pas en arrière, pour nous vautrer dans la nostalgie mal déguisée des civilisations indigènes éteintes. Rien de bien neuf donc du côté de Pandora, pour faire passer le message écologique inhérent au film. Les Na’vis ressemblent finalement  trop à des humains, des lèvres aux ongles, et sur ce point, quelle déception… 🙁

Par ailleurs, le manichéisme dans Avatar est vraiment très pesant: les équipes scientifiques sont des « gentils », les militaires et businessmen sont des « salauds ». La faible psychologie des personnages, principalement humains est assez abrutissante et indigeste, même si elle est finalement la cause de tout un enchaînement de scènes d’actions magnifiques.

Finalement, Avatar insiste tellement sur les sensations visuelles qu’on pourrait penser que Cameron a sous-estimé la base du cinéma: l’émotion à l’état pur, celle qui prend au corps, coupe la respiration, et réchauffe le coeur tout à la fois. Si Avatar avait réussi cet exploit, il aurait été un film exceptionnel, le plus grand film de tous les temps; au lieu de cela, Avatar est un film certes unique par la qualité graphique proposée et les moyens déployés, mais seulement « excellent », ce qui peut être suffisant pour la plupart des longs métrages, mais qui ne l’est pas quand on s’avère être le budget le plus cher du cinéma.

Avec Sam Worthington, Sigourney Weaver, Zoe Saldana, Michelle Rodriguez, etc.

Production: Lightstorm Entertainment, 20th Century Fox

Distribution France: Twentieth Century-Fox Film Corporation

M6 a diffusé la semaine dernière les derniers épisodes de la première saison de L’internat, une nouvelle série fantastique pour ados. Pas sûr qu’il y ait une deuxième saison.

Sincèrement je ne voulais pas regarder ; je me suis contentée de 10 minutes d’un épisode au hasard de cette première saison francophone. C’est triste à dire, mais en France on a quand même beaucoup de mal à faire des séries de qualité, et encore plus quand on cible la population jeune…et quand ce n’est pas le jeu des acteurs qui pose problème, c’est le scénario bâclé ou l’absence de réalisateurs talentueux derrière la caméra. Car en France, à part sur Canal +, on a du mal à voir la télévision comme un art et non comme un simple outil pour se détendre le soir après une rude journée de travail… Enfin quand même, on pourrait chercher un juste milieu !

Il se trouve que L’internat est l’adaptation d’une série espagnole qui rencontre en ce moment un succès fou. Quitte à m’intéresser à ce sujet, je suis donc plutôt allée regarder El internado, en version originale s’il vous plaît !

Les producteurs et chaînes de télévision espagnols selon toute évidence investissement plus de moyens dans les fictions télévisuelles. Certaines séries arrivent vraiment à sortir leur épingle du jeu, ce que seule Plus belle la vie arrive à faire en France (et ça me sidérera toujours, car j’ai l’impression d’assister à la fuite de mes propres neurones quand je passe plus de trente secondes devant ce feuilleton) . Certaines séries sont vraiment mauvaises, mais d’autres savent trouver leur public et même s’exporter hors des frontières. C’est le cas de Un paso adelante alias Un, Dos, Tres en France.

Résumé de l’intrigue

C’est la rentrée à l’internat de la Laguna Negra, un prestigieux établissement scolaire. mais rien ne paraît aussi simple à la Laguna Negra, des choses se passent, mystérieuses, inexplicables… mais une bande d’ados aventureux mène l’enquête, sans savoir le danger qu’ils encourent… Bref, ce résumé est nul, car il est quasiement impossible de faire un synopsis potable sans raconter la série. Le mieux c’est de regarder pour se faire une idée 😉

El internado semble à première vue être la série typique pour ados. Mais en réalité la force de cette série, c’est qu’elle est faite pour plaire à toute la famille, et touche donc un public beaucoup plus large, de l’ado pré pubère qui fantasme sur les beaux acteurs principaux, à l’aficionado de suspense de qualité. Les personnages principaux ont 16 ans, et la série est remplie d’histoires d’amours contrariées cousues sur le fil d’une enquête à travers les mystères entourant l’internat.

El internado a quand même un énorme avantage : un scénario captivant, gonflé à bloc en termes de suspense, qui ne se dévoile que petit à petit. La réalisation aussi est bonne, qui, alliée à la musique stressante et irritante du générique, nous file la chair de poule…

Cette série est une bouffée d’oxygène dans la marée de séries « made in USA » . Comme quasiment tous les fans de séries télé, je me nourris quasi exclusivement de séries américaines, car seuls les producteurs américains, semble-t-il, mettent les moyens nécessaires pour non seulement créer des séries de qualité, mais aussi pour les exporter. El internado, s’est exporté dans certains pays, Amérique latine, Japon, etc., mais suscite surtout un souhait d’adaptation très fort, comme dans l’Hexagone, ou aux USA, où l’on pourrait bien voir débarquer dans quelques mois une déclinaison de ce succès ibérique.

Une adaptation américaine aurait un bon avantage : celui de faire connaître le concept de cette série, tout en y injectant encore plus de moyens : même si j’adore El internado, je suis consciente que certains défauts entachent quand même la qualité du produit : principalement dans le choix des acteurs : il y a un énorme fossé entre la justesse du jeu des adultes, quasiment tous excellents dans leurs rôles respectifs, et l’inexpérience de la « nouvelle génération » : les petits récitent leur texte sans vraiment jouer la comédie, et les personnages principaux, à savoir les adolescents apprentis détectives sont parfois trop enfermés dans les registres de jeu alors caricaturés, comme la peur ou la colère par exemple. C’est bien dommage car la psychologie des personnages pourrait être beaucoup mieux exploitée, et ainsi faire gagner en intensité à certaines scènes. De même, sur la longueur, la qualité n’est pas toujours égale : j’adore les quatre premières saisons, mais j’ai bien moins accroché à la trame développée dans la cinquième.

Sincèrement, avec El internado, je suis restée scotchée ; peut-être parce que je ne m’attendais à rien d’exceptionnel. Après 3 ou 4 épisodes, j’ai commencé à devenir accro ! Le suspense à la fin de chaque épisode est tellement bon qu’on veut savoir la suite ! Mon autre surprise est de voir qu’au fil des saisons, l’histoire continue à se dérouler devant nos yeux de manière presque toujours « cohérente » (si tant est qu’on puisse utiliser ce mot lorsqu’on parle de complot et de mystères !), et on se laisse embarquer comme des débutants devant une machination aussi énorme ! Il arrive parfois que les scénaristes développent après coup certains faits seulement évoqués dans une saison précédente, comme s’ils avaient déjà tout prévu bien longtemps à l’avance : épatant !

J’aurai aimé que M6 diffuse la série espagnole au lieu de l’adapter, car en visionnant seulement quelques minutes de la série j’ai été affreusement déçue : des raccourcis monstrueux dans le scénario (ou comment résumer 2 saisons en même pas une saison complète), des acteurs plutôt moyens, une réalisation assez ennuyeuse… Bref, une pâle copie, jusqu’aux noms des personnages, soit identiques, soit juste traduits. Un comble quand on sait que M6 annonçait que la série allait être adaptée pour le public français et ses attentes… Nos attentes seraient donc juste les mêmes en moins bien ?

En faisant ainsi la comparaison des deux versions, une chose m’a frappé : ce qui fait aussi le succès de la version espagnole, c’est aussi une maîtrise de la réalisation : dans El internado, on a toujours l’impression d’être épié, et c’est ce stress permanent qui nous tient tellement en éveil, sans vraiment nous faire peur (car c’est avant tout une série familiale), et qui nous empêche de cligner des yeux, de peur de manquer le détail, le moment clé !

En tout cas les chiffres parlent d’eux-mêmes : les audiences de L’Internat atteignent péniblement les 11-12%, alors que la version espagnole frôlait les 20% dès la première saison, n’enregistrant une baisse conséquente que pour la sixième saison.

Pour ceux qui ont la possibilité de voir cette série, allez-y ! C’est vraiment une excellente série, qui n’a pas à rougir devant la production américaine. Par contre, je n’ai pas réussi à trouver de sous-titres en français ou en anglais, il vous faudra donc travailler votre compréhension de l’espagnol pour apprécier à sa juste valeur ce petit bijou télévisuel ! 😉

Un petit tour d’horizon des clés de la série

L’internat

L’internat est situé, comme il le faut pour créer l’atmosphère angoissante, dans un endroit reculé, au beau milieu d’un bois. L’internat de la Laguna Negra était un ancien orphelinat à l’abandon, racheté par Hector de la Vega 10 ans plus tôt. Oui, soyons d’accord le vieux château perdu dans la forêt est un lieu commun de l’angoisse, même tellement bon !

Les professeurs et employés

Hector de la Vega (Luis Merlo)

Non ce n’est pas le frère caché de Don Diego de la Vega alias Zorro, mais on pourrait presque y voir une filiation. Hector, c’est le directeur de l’internat. Du genre idéaliste au grand cœur, c’est un professeur de lettres dans la droite lignée de Robin Williams dans le Cercle des poètes disparus, cherchant à bâtir des roseaux pensants plus que des héritiers. Il devient au début de la série le tuteur légal de 2 élèves orphelins, Marcos et Paula. On se rendra compte au fur et à mesure qu’Hector a quelque chose à cacher… comme chaque personnage adulte de la série.

Mon sentiment sur le personnage : Très important dans les premières saisons, il s’efface à partir de la quatrième. Je pense que le personnage ne passionnait plus les foules, et même s’il reste présent, javoue ne pas être captivée par son rôle, et son interprétation qui finalement s’en ressent.

Maria (Marta Torné)

C’est le premier personnage qu’on voit de la série. Dès les premières minutes de la série, on suit Maria dans son évasion de l’hôpital psychiatrique. Elle se rend sous couverture à l’internat de la Laguna Negra, pour retrouver et récupérer son fils de 16 ans, élève à l’internat.

Mon sentiment sur le personnage : Maria c’est le caramel de la série. La gentille « chacha », la bonne à tout faire avec son petit uniforme de petite fille modèle à qui on donnerait le bon dieu sans confession. Par-dessus cette couche de guimauve, l’interprète, Marta Torné est un peu la belle gosse adulte de la série. Alors autant dire qu’elle fait tourner les cœurs, aussi bien celui d’Hector, de Fermin ou de Toni. En gros, Maria est un peu nunuche, mais attendrissante en jeune maman d’un ado compliqué.

Jacinta (Amparo Baro)

Jacinta c’est la gouvernante de l’internat. Elle travaillait déjà à la Laguna Negra quand c’était un orphelinat. Si quelque chose d’étrange se passe dans ces lieux, c’est sûrement la personne qui en sait le plus… sans en avoir l’air.

Mon sentiment sur le personnage : Un personnage qui cache bien son jeu sur tous les fronts, qui ne laisse rien transparaître. Seul Hector connaît la vraie Jacinta. L’actrice, Amparo Baro, est une des actrices confirmées de la série, avec une pléthore de films derrière elle. Malgré tout, au bout d’un moment ça façon de jouer me fatigue un peu…

Elsa (Natalia Millán)

C’est la professeure d’Histoire, qui finira par devenir directrice. Elle est la compagne d’Hector, ce qui paraît totalement improbable tant elle paraît peau de vache et lui enfant de chœur. Elle se rend petit à petit compte qu’elle ne connaît pas bien sa vie et son enfance…

Mon sentiment sur le personnage : Elsa c’est la reine de la discipline, tout en faisant toujours les mauvais choix dans sa vie sentimentale, ce qui la rend antipathique aux yeux du public. Pourtant, petit à petit son personnage prend une dimension plus complexe, et on se rend compte que malgré ses défauts impardonnables, elle reste une personne très humaine.

Fermin (Raúl Fernández de Pablo)

C’est le cuisinier de l’internat, le pro de la blague pourrie en option! Mais comme la plupart des personnages il cache bien son jeu. Fermin est cuisinier le jour, mais apprenti James Bond ibérique la nuit. On met plusieurs saisons à découvrir qui l’emploie, quelle est sa mission, et son histoire personnelle. A côté de ça, il essaie désespérément de capter l’attention de Maria, dès le premier épisode; il doit choisir entre Maria et sa mission…

Mon sentiment sur le personnage : Mon personnage préféré. Fermin est le personnage « choix du public » à mon sens. C’est intéressant de voir à quel point le public fait la série. Au départ, c’est un personnage secondaire. Mais grâce à un charisme génialissime, un potentiel d’homme d’action à développer, et surtout un acteur aux multiples registres, le personnage de Fermin passe très vite au premier plan, pour notre plus grand plaisir. Un détail assez amusant : pour un cuisinier, il passe quand même très peu de temps dans la cuisine…

Amelia (Marta Hazas)

C’est la jeune et jolie professeure des petites sections, adorables avec les enfants, gentille à souhait. Mais comme chacun dans cet internat, elle a forcément des choses à cacher… Par ailleurs, son petit minois attire les hommes, et c’est son grand point faible dans la vie…

Mon sentiment sur le personnage : Amelia est un personnage, comme d’autres, secondaire au départ, dont la complexité n’est développée qu’après quelques saisons. Finalement son rôle m’a énervé assez vite et je trouve qu’il aurait dû être écourté ou étoffé.


Jacques Noiret (Carlos Leal)

C’est le père d’Ivan. il pense pouvoir acheter tout le monde avec de l’argent, ou des coups. Au début personnage secondaire, il prend de l’importance au fil des saisons.

Mon sentiment sur le personnage: enfin un personnage d’origine française! (la note de chauvinisme du jour!) au début on se dit que c’est juste pur l’exotisme puisqu’à part le nom il n’a rien de français, pas même quelques expressions. on change d’avis dans la cinquième saison, quand il nous gratifie d’un « tu vas pas me casser les couilles! » tout à fait spontané. On remercie donc Carlos Real pour faire un si bon usage de la langue de Molière. 😀

Les élèves

Marcos (Martín Rivas)

Après la disparition de ses parents, il se retrouve avec sa sœur Paula à l’Internat, sous la tutelle d’Hector. Il a bien du mal à accepter la mort de ses parents, et doit s’occuper de sa sœur comme un père. Marcos ne comprend pas la situation, pourquoi il se retrouve dans cet internat, pourquoi Hector est son tuteur légal, et garde ces interrogations tout au long de la série.

Mon sentiment sur le personnage : Marcos est le personnage un peu trop parfait. A 16 ans, il se comporte comme un adulte, pas une bêtise d’ado, un comportement de grand frère irréprochable, un courage exemplaire, etc. Bon, trop c’est trop quand même ! Mais son importance est vitale dans un scénario où toutes les intrigues tournent principalement autour de sa famille.

Je dois avouer que l’acteur qui interprète Marcos, Martin Rivas, joue comme ses pieds. Au fil des saisons, il s’améliore un peu, mais bon, on n’occulte pas le fait qu’il a été choisi plus pour ses muscles et sa belle gueule que pour son interprétation magistrale !

Ivan (Yon González)

Ivan c’est le gros dur au caractère insupportable, élevé par un père riche mais violent. Horrible avec tout le monde, il le sera particulièrement avec Maria, sans savoir qu’en réalité c’est sa mère…

Mon sentiment sur le personnage : Ah, Ivan, le rebelle au grand cœur de la série ! C’est le type « cool » par excellence, qui au premier abord est juste détestable mais qui en fait est un véritable sucre d’orge. On l’aime bien pour sa relation avec les filles, mais surtout pour sa relation avec Maria, ambigüe mais attachante.

Carolina (Ana Celia De Armas)

Fille d’une actrice qu’elle ne voie quasiment jamais, Carolina est tout d’abord la petite amie d’Ivan, jusqu’à l’arrivée de Marcos, qui va fortement la troubler…

Mon sentiment sur le personnage : Carolina, ou Carol pour les intimes, c’est un peu le cliché de la fille qui ne sait pas ce qu’elle veut, mais qui fonce quand même. Elle a un rôle très important puisque c’est elle qui va vraiment pousser l’investigation. Quant à l’interprétation d’Ana Celia de Armas, elle n’est pas extraordinaire mais pas rédhibitoire non plus.

Victoria (Elena Furiase)

C’est la boursière de la bande, la seule à ne pas être issue d’une famille de riches.

Mon sentiment sur le personnage : Vicky c’est un peu la « geek » de la bande, celle qui pirate les ordinateurs plus vite que son ombre. Sans elle, la bande d’ados fouineurs n’arriveraient jamais à réunir autant de pièces du puzzle monstrueux dont ils font tous plus ou moins partie.

Paula (Carlota García)

A 5 ans, Paula doit assumer l’absence de ses parents, et suit les intrigues de l’internat avec son regard innocent. Petit à petit on se rend compte que Paula est au centre du mystère sans vraiment savoir pourquoi.

Mon sentiment sur le personnage : Le casting des enfants reste un des gros points faibles de cette série. Paula est certes une enfant adorable, mais le jeu d’actrice de la petite Carlota est vraiment médiocre. On ne peut pas lui en vouloir vu son âge, mais ça décrédibilise quand même beaucoup son personnage.

Au final, cette série donne la réplique à une multitude de personnages qui ne sont pas tous cités ici, et c’est aussi cette diversité et cette quantité qui permettent au scénario de s’étendre sur autant de saisons.

Lors d’une conférence de presse il y a quelques jours, une septième saison a été confirmée. je finirai sur un parallèle a priori surprenant, mais qui finalement est évident: El internado me fait penser à la saga des Harry Potter, situé dans un internat, une bande de jeunes qui mène l’enquête dans leur coin, un camp d’ennemis à combattre, etc. Mais c’est un Harry Potter un peu plus adulte (et ibérique!), où les personnages grandissent avec les saisons (plus que les années puisque les cinq premières années ne représentent qu’une année scolaire) et l’intrigue s’assombrit et se durcit plus on approche de la fin.

Créateurs de la série: Daniel Écija

Production: Globomedia

Diffusion: Antena 3.

ATTENTION: SPOILERS DANS LES COMMENTAIRES!!!

Sin nombre. En français, sans nom. Anonyme donc. Ce film de Cary Fukunaga traite de ces anonymes, si loin de nous, qui cherchent à se faire une place meilleure dans ce monde. Plein d’espoir et d’images du rêve américain pour les uns, soif de pouvoir dans le quartier pour les autres.

Comme souvent dans les films qui tentent de dépeindre la misère d’un pays, ou d’une masse populaire, nous suivons plusieurs destins qui se croisent. Celui de Sayra, jeune hondurienne qui suit son père et son frère sur la route clandestine des Etats-Unis ; et celui de Casper, membre de la Mara, un des plus importants gangs latino.

C’est le genre de films qui vous fait relativiser. Vous arrivez avec vos petits ou grands problèmes et vous vous posez sur votre siège en velours rouge, dans votre cinéma, pour vous détendre. Et là, devant vos yeux, c’est la dure réalité qui s’affiche : à des milliers de kilomètres de chez vous, c’est cette réalité qui tracassent les individus, la mort, la pauvreté, la peur, la violence ; l’espace d’1h30, vous oubliez qui vous êtes, vos problèmes, vous vous fondez dans cette histoire magnifiquement racontée, que vous savez être une fiction, mais seulement lorsqu’on prend le cadre des individus ; car ces masses, ces souffrances générales sont belles et bien réelles.

Ce qu’on retire de ce film, c’est de l’espoir. L’espoir que les clandestins ont de trouver une vie meilleure : aller au Nord devient alors une métaphore de l’ascension sociale, comme s’ils se délestaient petit à petit des tracas de leur quotidien, de leur situation précaire et sans issue. L’espoir aussi de recommencer à zéro, d’effacer les erreurs du passé. Mais le plus grand espoir, ce n’est pas celui éprouvé par les personnages fictifs, mais le nôtre : ce film redonne espoir en l’être humain, sa force de décision, sa capacité de rédemption. Malgré les horreurs que l’on peut voir, le personnage de Casper, sur lequel le film est centré, nous montre une réalité beaucoup plus supportable, qu’on espère vraie, du fond du cœur.

Cary Fukunaga nous livre un film qui se veut réaliste dans les images, les scènes de violence; il nous entraîne dans une aventure individuelle follement irréelle mais qu’on aime suivre sans se l’avouer. Le réalisateur nous plonge dans une atmosphère à la fois sombre et pleine de suspense, grâce à des acteurs sûrement amateurs pour la plupart. Smiley, la jeune recrue des Mareros est saisissant de vérité, Casper représente parfaitement la résignation, et les autres mareros nous filent une peur bleue !

Sin nombre est le genre de films qui heurtent notre sensibilité pour mieux nous plonger dans l’angoisse de cette vie qui nous est inconnue, pour mieux dénoncer l’enfer latin. Une très belle réussite, un très bon premier film qui a bien mérité son prix du Jury au festival de Deauville.

Avec  Edgar Flores, Paulina Gaitan, Kristian Ferrer, etc.

Production: Creando Films, Canada Films

Distribution France: Diaphana Films