Archive pour février 2010

Cela faisait plusieurs mois que je m’étais décidée à franchir le pas, à essayer de rentrer dans le petit monde fermé de l’audiovisuel…Pour compliquer les choses, j’ai décidé de trouver mon stage à l’étranger: la simplicité, quel ennui!

Si vous voulez chercher en Espagne, il y a très peu voire aucune offre, il vous faudra donc passer par la case de la candidature spontanée ou les réseaux de type Linked In, et commencer par appeler les entreprises ou leur rendre visite… Autant vous le dire, c’est pas gagné!

Mais finalement j’ai vaincu, et j’ai trouvé un stage à Madrid, chez 6 Sales… Moi qui voulais apprendre l’espagnol, je vais être servie!

Départ le 1er Avril!

Une de mes premières missions consiste à assister la directrice des ventes à Cannes, pour le MIP TV en avril et le marché du film du festival en mai…

Petits conseils du moment

Pour trouver un logement sur Cannes pendant le festival:

Si comme moi, vous devez vous rendre au festival, mais que vous n’avez pas la chance qu’on vous paie le logement , voici quelques petits trucs appris ces derniers mois!

Abandonnez l’idée de l’hôtel, même longtemps à l’avance, les prix sont rhédibitoires! Privilégiez la chambre chez l’habitant, la location à plusieurs.

Pour donner un ordre d’idée, on m’avait proposé un tarif préférentiel à l’Etap Hotel Cannes Centre Ville, à… 70€ la nuit (donc comptez 800€ pour la durée du festival), ce qui déjà était mieux que les 100€ grand minimum de tous les hôtels de Cannes et ses environs! Alors que j’ai trouvé une chambre chez l’habitant à Antibes (à 10 kilomètres de Cannes, 8 minutes en train) pour 350€ pour les 12 jours de festival!

Et le meilleur pour la fin, si vous trouvez 5 autres personnes, vous pouvez même baisser les prix jusqu’à 180€ les 12 jours dans un des Pierre & Vacances sur Cannes!

Tout ça pour dire, explorer les possibilités avant de sauter sur un hôtel à Cannes… à moins d’être riche!


Les sites utiles:

www.entertainementcareers.net: Pour postuler dans l’Entertainment aux Etat-unis

www.cineuropa.org:                  Pour trouver une liste assez complète des entreprises audiovisuelles en Europe!

Morts de rire, c’est le film qui à la base n’a rien d’attrayant : deux acteurs pas très attirants, et deux personnages loosers comme c’est pas permis. On doute de leur succès, comme on doute que le film finisse par s’envoler. Et pourtant, quelle bonne marrade !

Le film commence par l’arrivée au studio d’enregistrement d’une émission télé de deux stars du rire, Nino et Bruno, poursuivis par la police. Le manager, ravi, les encourage à faire « mourir de rire » le public, sans savoir que sur le plateau, si le public est effectivement mort de rire, c’est à voir les deux comiques s’entretuer devant des millions de téléspectateurs… Le film commence donc par la fin, et nous explique comment ces deux hommes en sont venus là. Depuis leur rencontre dans un bar d’un trou paumé aux plateaux télé, on vous racontera tout…même le plus inracontable !

Alex de la Iglesia s’affiche comme le roi du film noir qui ne se prend pas au sérieux. A traiter d’un sujet comme l’ambition corrosive, la jalousie et l’envie poussées à l’excès, ce pourrait être un film très dur, très sombre, mais Morts de rire reste une comédie. Sûrement parce que toutes les situations sont poussées dans leur dernier retranchement, dans un extrême difficilement réaliste.

Et pourtant, Morts de rire passe pour une bonne chronique de l’apparition de la folie, grâce à deux acteurs géniaux, et deux personnages complémentaires qui ne se suffisent pas à eux-mêmes, et s’envient mutuellement, au point de péter totalement un boulon. De la Iglesia est le roi de la comédie noire cynique et « trashouille » comme on les aime, et ne déçoit pas avec celui-ci ! Le duo Santiago Segura et El Gran Wyoming fonctionne à merveille, aussi looser né l’un que l’autre, mais aussi cruel par la même occasion !

Morts de rire est le genre de film devant lequel on ne peut s’ennuyer, emmené par une bande son bien sympatoche, une ambiance bien ancrée, des rebondissements originaux à souhait, et un scénario malin et drôle, avec un fond exagéré pour mieux faire ressortir la vérité de la situation à travers son absurdité.

1999. Avec Santiago segura, El Gran Wyoming, Alex Angulo

Scénario : Jorge Guerricaechevarria, Álex de la Iglesia

Production: LolaFilms

Distribution France: DVD chez XIII Bills Records

Il est fascinant ce Woody Allen, dans tous ces films il arrive à donner la part belle aux bavardages incessants ! Sauf que cette fois-ci, ce sont des personnages fictifs qui se lancent dans des élucubrations farfelus comme on adore!

Cécilia est une serveuse maladroite, qui ne vit que pour les films qu’elle va voir au cinéma. Entre un mari qui l’utilise et qu’elle n’a pas la force de quitter, les petits boulots qu’elle doit cumuler, le cinéma, où elle est une habituée, représente son havre de paix, son home sweet home… Le jour où la rose pourpre du Caire sort, elle tombe amoureuse du film, et va le voir cinq fois. Mais à la cinquième, un événement des plus étranges survient… voilà le personnage de Tom Baxter, aventurier idéaliste et follement romantique, qui s’interrompt soudainement dans sa réplique, et s’adresse à Cécilia, depuis l’autre côté de l’écran ! Et le voici qui sort de  cetécran, pour emmener la belle loin du cinéma, devant un public interloqué !

Woody Allen s’amuse avec le rêve et la réalité, ici mélangés à souhait dans un va-et-vient farfelu et drôlissime. Sur un principe original de conte de fée moderne, il réduit à néant les règles de la logique, pour proposer une mise en abîme du spectateur de cinéma qui part allègrement en cacahuète ! Quel rêveur ne souhaite pas secrètement rencontrer son personnage préféré ? Au lieu d’insister sur le fait que Cécilia fuit la réalité, Allen présente un personnage fictif qui fuit sa fiction !

Et que se passe-t-il quand le rêve devient vrai ? Un véritable branle-bas de combat s’active, pour restaurer l’ordre et que chacun reprenne sa place d’un côté ou l’autre de l’écran ! Les producteurs et acteurs sont inquiets, les personnages, en attendant le retour de Baxter tergiversent en long, en large, et en travers, refont le monde, ou plutôt leur tout petit monde, coincés dans une scène du film, en huis-clos interminable, reflétant ainsi l’aspect superficiel du cinéma, tel un miroir aux professionnels qui s’affairent pour sauver les apparences.

Avec humour et cynisme, La rose pourpre du Caire est une donc autodérision acerbe du Star System et du milieu hollywoodien, arriviste et égoïste, mais réalisée avec panache et subtilité; à cela s’oppose une Mia Farrow en parfaite petite ingénue, qui aspire au bonheur, ou du moins à fuir sa petite vie, sans jamais y parvenir seule ; Tom Baxter représente alors une nouvelle perspective… Tout en restant ancré dans une dure réalité, le film permet aux rêveurs de s’envoler quelques instants, pour mieux atterrir à la fin, plus brutalement, plus amèrement.

Woody Allen maitrise à la perfection l’art du film d’époque et la retranscription des années 30, habillée d’une musique entraînante et gentiment désuète, avec un air à la fois nostalgique et émerveillé, emprunt pourtant d’une douce mélancolie.

Pour tous les amoureux de cinéma, à voir ABSOLUMENT!

1985. Avec Jeff Daniels, Mia Farrow, Danny Aiello

Production: Orion Pictures

Distribution France: Twentieth Century Fox