Archive pour février 2011

Après Buried et le type coincé dans un cercueil, voici 127 heures et le type coincé dans un Canyon.

127 heures, c´est l´histoire vraie de Aron Ralston, aficionado d´escalade dans les canyons, qui se retrouve le bras bloqué par une pierre au beau milieu d´un canyon, dans une zone désertée, sans avoir averti personne. En gros, ça semble mal barré. Mais pourtant Aron fera tout pour s´en sortir…
Alors dit comme ça, ça sent le film sans action, barbant (bon sang, 127 HEURES!!), mais c´est sans compter sur Danny Boyle, qui a tendance à toujours shooter ces films à l´adrénaline. Le film commence à 100 à l´heure, ce qui colle bien au personnage d´Aron, un type qui carbure au Powerade et qui n´a peur de rien. Mention spéciale pour la bande sonore, ultra vitaminée, génialissime. Bon en même temps en général les films de Danny Boyle ont une super bande sonore, rien de bien nouveau donc!
Contrairement à Rodrigo Cortes (Buried), Danny Boyle a décidé de nous faire respirer un peu, et ne nous cloisonne pas au simple espace réduit et étouffant du canyon. Non, le parti pris de notre cher ami Danny, c´est de nous faire voyager au rythme des hallucinations et fantasmes d´Aron, à travers sa vie, ses souvenirs, son histoire, ses désirs, ses regrets. Le film est donc peuplé de ses images étrangères, qui adoucissent la dureté de la situation, l´angoisse et le désespoir du présent. Tel un McGyver de dernier recours, Aron tentera tout pour se libérer, et le film tombe assez vite dans le réalisme visuellement écoeurant (mon paquet de pop-corn s´est senti délaissé vers la fin…).
127 Heures est un bon film, qui relève ce nouveau pari qu´est le film à personnage unique, bien que Buried à mon sens relevait plus de l´exploit. C´est certes un bon Danny Boyle, mais le dynamisme habituel du petit Danny se trouve un peu frustré face à l´inertie forcée du personnage, et on ne saurait exhorter le réalisateur à revenir à un style plus.. aéré pour nous mntrer toute l´étendue de son talent.
Avec James Franco
Production: cloud Eight Films, Everest Entertainment, darlow Smithson Productions, Pathé, Dune Entertainment III.
Distribution France: Pathé Distribution

Qu’on se le dise : si Colin Firth ne gagne pas l’oscar, je fais la grève des Oscars l’année prochaine.

Il en fallait du cran pour accepter d’incarner une figure si emblématique de la résistance britannique de la seconde guerre mondiale, et surtout de la sacro-sainte famille royale (à l’époque légèrement moins people…) et d’incarner un moment d’histoire si fort. Il en fallait du talent pour arriver à interpréter le roi bègue sans le ridiculiser, en montrant aussi bien sa force que sa faiblesse face à son handicap et son devoir. Un exercice que Colin Firth maîtrise tout au long du film sans jamais forcé le trait, sans jamais tomber ni dans le loufoque ni dans le pathos. Un véritable équilibriste sur le fil de l’accord parfait.

Geoffrey rush n’est pas en reste face au duc de York, tout en simplicité et naturel, un brin d’humour ironiquement déplacé face à sa majesté royale, qui rend certains passages particulièrement savoureux. L’amitié subtile entre ces deux personnages passe très bien à l’écran.

Ici, on parle de la famille royale, et mesure et discrétion sont les maîtres mots ; il faut respecter la dose adéquate de retenue British bien sûr ! Il est certain qu’on ne peut pas le nier, ce film est un pur produit anglo-saxon, presque Shakespearien dans son dosage du drame et de la comédie. La pléthore d’acteurs anglais de renom accentue le sérieux du film.

Je tiens à finir par ce que je trouve le plus important dans ce film, le plus fort et surprenant : face à une histoire en apparence assez simple, le vilain petit canard de la famille se transforme en cygne royal, le bègue apprend à moins bégayer, mais c’est justement ce mélange subtile entre simplicité du propos et complexité historico-politique qui est intéressant. Et ce qui impressionne plus que tout, c’est la dimension psychologique du personnage du duc de York, distillée petit à petit, en dose quasi homéopathique mais suffisamment en profondeur pour nous attacher à ce personnage.

Bref, un film poignant à propos d’un homme qui réussit à se surpasser. Beau, simple, so British.

Avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham-Carter, etc.

Production: See Saw Films, Bedlam Productions, FilmNation Entertainment, Momentum Pictures

Distribution France: WildBunch Distribution

Il y a de l´amour dans l´air dans cette comédie romantique de Edward Zwick, le réalisateur de Blood Diamond. Malheureusement je ne suis pas une folle romantique et reste donc assez critique, voire sceptique face au couple Gyllenhaal/ Hattaway. Bon déjà soyons cash, Jake Gyllenhaal est un excellent acteur mais alors je ne suis pas du touuuut convaincue qu´il soit l´acteur parfait pour jouer le séducteur de base… Avis très personnel, soit!

Comme presque toute comédie romantique qui se respecte, Love et autres drogues raconte l´histoire de deux personnes qui ne devraient pas arriver à faire un couple et qui contre toute attente (naaaan sans deeeec!!) finissent par tomber amoureux. Ici c´est l´histoire du grand séducteur de base, vendeur de produits pharmaceutiques supra doué pour amadouer les secrétaires des hopitaux, et d´une patiente atteinte de Parkinson stade 1 mais super canon et ultra indépendante. ça commence donc comme une banale histoire de sexe mais qui oooh grande surprise!!! se transforme en histoire d´amuuur, comme c´est original tout ça. Forcément, quand c´est la fille qui ne veut pas s´attacher…ça me rate pas c´est le garçon qui lui court après!
L´originalité de cette gentille comédie qui se veut moitié sexy moitié bons sentiments à gogo, c´est le contexte. Jamie est donc employé de Pfizer, la compagnie qui inventa la fameuse pillule bleue, le Viagra. Et voilà donc notre pseudo beau gosse en roi de la vente de Viagra! ça c´est fun, pour le moins!
L´intérêt de ce film est que pour une fois, le couple est maudit dès le départ puisque Jamie est malade et son était ne pourra qu´empirer. On admirera l´audace de traiter un sujet tabou et particulièrement casse-gueule. Il est vrai que l´on aimerait pas être à la place de Jamie pour faire le choix de rester auprès de l´être aimé pour le meilleur mais SURTOUT pour le pire ou de s´en aller bien, bien loin en se sentant coupable mais avec une vraie vie. C´est un peu dans ces termes qu´on pourrait résumer le dilemme de notre golden boy. C´était effectivement un thème difficile qui pouvait soit tomber dans le registre le plus abjecte ou le plus guimauve possible et il ètait difficile d´atteindre le juste équilibre. Oui, difficile. C´est pour ça que l´épilogue est une guimauve assez décevante.
Donc en résumé, un thème qui mérite d´être traité, de bons acteurs, du viagra pour bosster notre libido, et tout simplement pas d´orgasme cinématographique. 😀

Avec Jake Gyllenhaal, Anne Hattaway, Oliver Platt, etc.
Production: Bedford Falls Productions, Regency Pictures

Distribution France: Twentieth Century Fox