Quand les billets des concerts ont été mis en vente l’année dernière, je n’en avais pas acheté. Pour la même date, je pouvais aller voir U2 au Stade de France, et ça me paraissait bien plus intéressant, car en termes de stars « quadra » ou « quinqua », Bono semble beaucoup plus en forme. Maintenant que j’ai vu le film This is it, je me rends compte que j’aurais beaucoup perdu en ratant ce concert !

Mettons les choses au clair : si vous trouvez que regarder la vidéo d’un concert, un spectacle de danse, un making-off est inutile, ou tout simplement que vous n’aimez pas Michael Jackson, passez votre chemin, loin, loin de ce film !

Michael Jackson’s This is it (le titre entier, même si un peu long) n’est pas un documentaire sur la vie de Michael Jackson. Loin de là. On reste très loin de tous les débats sur sa vie privée, ses problèmes de santé, les procès, le vrai du faux, etc. Ici, on ne s’intéresse qu’à l’artiste, et quel artiste !

This is it nous montre les coulisses, les préparatifs titanesques de la tournée éponyme, et l’on se rend compte au fil des images de l’ampleur et le faste que la tournée devait arborer. C’était un véritable show à l’américaine, avec feux d’artifices, murs de feux, écrans géants à gogo, etc. Tout pour vous éblouir. Sur un écran de cinéma, c’est déjà impressionnant ; alors j’imagine l’émoi que cela aurait provoqué dans une salle de concert…

Etrangement, This is it m’a fait pensé à un autre documentaire, sorti quelques années auparavant: Lost in la Mancha, qui montrait les coulisses du tournage du Don Quichotte de Terry Gilliam, ou une chronique d’un échec annoncé ; on y suivait le réalisateur et les acteurs, de problème en problème, jusqu’à l’accident de Jean Rochefort l’empêchant de tourner le film et provoquant ainsi l’annulation du projet. En voyant le documentaire sur Michael Jackson, j’ai ressenti la même frustration, le même pincement au cœur à l’idée que le projet ne verra pas le jour…

On découvre petit à petit le Michal Jackson « off » celui qui prépare sa tournée, de manière consciencieuse, ultra-professionnelle, tout en étant décontracté. Il ne crie jamais, même quand quelque chose ne lui convient pas ; il explique calmement, et tout le monde l’écoute, en sachant très bien qu’ils ont à faire à la plus grande pointure en termes de show man. C’est le professionnalisme de l’équipe entière qui ressort aussi, avec des petits moments très cocasses (Kenny Ortega énumère le déroulement de l’action d’une voix difficilement plus monocorde : « on laisse applaudir, les gens deviennent fous, et là on reprend »).

On assiste comme des petits voyeurs aux répétitions, dans lesquelles Michael ne se donne forcément pas à fond, pour se préserver pour le grand jour… Eh bien pour une performance retenue, c’est déjà pas mal ! On a un petit aperçu à minima de ce qui aurait pu être, de ce à quoi aurait ressemblé la tournée d’adieu de Michael Jackson. On se moque de savoir s’il aurait pu faire les cinquante concerts à Londres, un seul aurait déjà permis de rentrer dans l’histoire et de connaître toutes les idées extravagantes prévues pour l’occasion. En effet, on n’a pas lésiné sur les moyens, les effets spéciaux, les accessoires (tracteurs, araignées robots, etc.), les costumes (bandelettes et masques de zombies auraient dû côtoyer des tenues incrustées de cristaux Swarowski), etc.

Malgré une anecdote bien amusante montrant le trop plein d’émotions de certains fans irréductibles à la vue de ce documentaire (une jeune femme dans la salle s’est écriée : « Pourquoi t’es mort ? » vers la moitié du film, ce qui a forcément provoqué l’hilarité des premiers rangs !), je dirai que le point faible de ce documentaire est l’incapacité inhérente au support cinématographique de transporter les fans : on regarde un documentaire, mais un documentaire qui se contente de « montrer » sans directement analyser. On profite donc des musiciens au top de leur forme, d’un Michael Jackson qu’on redécouvre, des danseurs exceptionnels, mais sans connaître la ferveur du public, l’effervescence de la scène. En tant que spectateurs, on reste frustrés : pris d’une envie incontrôlable d’applaudir à la fin des chansons, on se retient face au silence de la salle obscure ; jamais on ne rentre vraiment dans l’atmosphère de la salle, et c’est pour ça qu’on peut considérer le film un peu trop long, car ce qui est largement acceptable comme durée pour un concert, grâce à l’ambiance, le sentiment de vivre un moment unique, ne l’est pas quand on regarde un film au cinéma, qu’on peut revoir et revoir, sur petit et grand écran.

Malgré ce bémol, ce documentaire musical est une réussite, réalisé avec passion par un Kenny Ortega qui adore la musique et nous le fait sentir, capturant les derniers instants musicaux de la star, du King of Pop ; Michael Jackson se révèle bien un roi, entouré de sa cours d’artistes phénoménaux, telle une cour des miracles musicaux.

Production: Sony Pictures Entertainment

Distribution: Sony Pictures Releasing France

3 réponses à to “Michael Jackson’s This is it, de Kenny Ortega”

  • This is it! says:

    Ce film est énorme, j’ai adoré, quel talent, bravo michael!

  • Joséphine says:

    Ce film est énorme, malgré tout ce qu’on peut lire sur le fait qu’apparemment les producteurs de Sony l’aurait forcé à faire cette tournée. Et bien moi je pense du haut de mes 17 ans, que ce film enfin ce documentaire est tout simplement magnifique, je connaissais Kenny Ortega pour avoir fait High School Musical (bien évidemment ^^) là c’est géant, il n’y aucun mot pour décrire ce film, et c’est vrai qu’à la fin nous sommes un peu frustrés, mais quand on entend toute la salle applaudir on comprend, que tout le monde ressent cette ferveur !!! Et les danseurs : Wow

  • Victor says:

    Il y a des fans qui ont 17 ans?! C’est fantastique! J’ai 24 ans, et je trouve dommage que les futurs jeunes ne connaitront pas Michael Jackson. Mais quand je vois des fans plus jeunes que moi, je suis content!

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