Ils sont forts chez Pixar : ils peuvent prendre n’importe quel sujet qui nous rebrousse les poils, et en faire une comédie douce et attachante. Après avoir redoré le blason des rats, nos ennemis détestés , voici que Pixar s’attaque maintenant aux sujets tabous par excellence, la vieillesse et la mort…

Carl est un petit vieux aigri, qui semble n’aimer plus personne depuis la mort d’Ellie, sa femme, qui représentait tout pour lui. Terré dans sa maison, il refuse de la vendre à un promoteur sans scrupules qui trouvera bien vite un moyen de se débarrasser de notre vieil homme solitaire : une maison de retraite ! Rien de pire aux yeux de Carl, qui envisageait sa vie bien différemment, et qui décide de réaliser enfin le rêve qu’il partageait avec Ellie : aller en Amérique du Sud, aux chutes du Paradis… Et le voilà qui s’envole, avec sa maison, à grands renforts de ballons gonflés à l’hélium, pour de nouvelles aventures, en guise d’adieu et d’ultime hommage à sa défunte femme…

Seulement voilà, Carl n’avait rien prévu de toutes les aventures qui lui arrivent : sur le porche de sa maison volante, Russel, scout en herbe et bavard à en épuiser un sourd s’est retrouvé surpris et coincé par l’envol soudain de la demeure. Voilà donc 2 générations opposées qui sont obligées de cohabiter…pour le meilleur, mais surtout pour le plus drôle.

Je suis une grande fan de Pixar, pas besoin de le cacher, il est très difficile de ne pas aimer ce studio qui travaille toujours ses scénarii autant que ses graphismes. Pas besoin de complexifier les images, l’important est de faire passer les émotions les plus humaines possibles ; et à ce jeu-là, Pixar bat tous les records.

Pixar nous offre encore une fois un bout de leur magie. Car c’est bien de magie qu’il s’agit, lorsqu’on nous résume la vie de Carl et Ellie, depuis leur mariage jusqu’à la mort d’Ellie, sans un mot, à croire que les mots ne reflètent pas suffisamment bien le bonheur et l’émotion d’une vie entière… une succession de scènes attachantes et vraies sont animées devant nos yeux, presque embuées par la véracité du message, universel et beau; merci Pixar.

Malgré tout, même si j’aimerais véritablement finir sur cette note élogieuse, je ne peux pas m’empêcher de penser que Là-Haut a quelques petits défauts dans le scénario : des chiens qui parlent grâce à des colliers décodeurs, au fond d’une jungle ??? Je veux bien être ouverte d’esprit, mais ça me passe largement au-dessus.

Peut-être que je ne suis pas le public pour ça, c’est bien possible. Mais c’est justement ce qui est ambigü dans ce film, car l’animation en fait certainement un film pour enfants, l’humour en fait quelque chose qui plaît à tout public, mais le fond et la profondeur du sujet en fait quelque chose de très adulte, dont peu d’enfants peuvent percevoir la tristesse et l’angoisse qui y sont associées. Car il s’agit avant tout non pas de la quête d’un jeune enfant qui devient grand, mais d’un vieux monsieur qui redevient jeune, en quelques sorte… il s’agit d’un homme qui refuse d’abandonner son passé, qui s’accroche à celui-ci comme il s’accroche à sa maison et qui met tout le film avant de comprendre qu’il doit se refaire un avenir à lui, accepter le dur changement qu’est la mort de sa femme. C’est un sujet poignant, qui demande un certain vécu pour en comprendre toute la teneur.

Conclusion : Là Haut est un Pixar à voir, en famille, et chacun en retiendra et en aimera ce qu’il veut ; c’est ça la magie des studios Pixar !

Production: Pixar Animation Studios

Diistribution France: walt Disney Motion Picture France

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