Martin Scorsese nous livre son nouveau film, plus sombre que jamais, et il s’agit de le suivre dans les ombres de l’esprit.

Teddy Daniels est un Marshall fédéral, envoyé à l’hôpital psychiatrique de Shutter Island pour malades mentaux dangereux pour élucider le mystère de la disparition de Rachel Solando, une patiente internée pour avoir tué ses enfants. Dehors, la tempête fait rage…

Le film commence comme une enquête à la Sherlock Holmes ou à la Gaston Leroux, rappelant fortement Le mystère de la chambre jaune, puisque la patiente s’est évadée, ne laissant aucune trace derrière elle, et une porte fermée…

Ce qu’on pourrait reprocher à ce film, c’est de très vite occulter l’enquête pour se concentrer sur le personnage. Finalement, j’ai trouvé ça presque malhonnête de nous faire miroiter une enquête complexe qui méritait bien des explications fournies et détaillées comme dénouement ; or, malgré un début clairement centré sur l’enquête, on dérive très vite sur le personnage incroyablement incarné par un Dicaprio habité, luttant contre ses propres fantômes dans un environnement d’aliénation. Ainsi, plus le personnage s’enfonce dans la folie ambiante de l’asile, plus se reflètent ses propres tourments, et nous les révèle, petit à petit.

Shutter Island semble à la croisée de plusieurs genres : entre le polar et le thriller psychologique, Scorsese nous fait naviguer entre deux eaux troubles, angoissantes et intrigantes. On ne ressort pas indemne de cette atmosphère glauque à souhait, imprévisible et paranoïaque.

L’esthétique du film est exceptionnellement travaillée, proposant des visions plus soignées et travaillées les unes que les autres, opposant la clarté des visions à l’obscurité de la réalité. A croire que Scorsese se prend tout d’un coup pour David Lynch, le spécialiste des visions visuellement sublimes et intellectuellement incompréhensibles.

Shutter Island est ainsi un très bon film, au rythme équilibré, à l’image soignée, au scénario bien mené et à l’interprétation excellente de la part d’un Leonardo Dicaprio malmené. Cependant le parti pris de Scorsese ne plaira pas à tout le monde.

Avec Leonardo Dicaprio, Mark Ruffalo, Ben kingsley, etc.

Production: Paramount Pictures et Columbia Pictures

Distribution France: Paramount Pictures France

2 réponses à to “Shutter Island, de Martin Scorsese”

  • Japanese.z says:

    Je prévois ce film comme étant excellent, mais je n’ose pas y aller de peur de ne pouvoir le supporter => trop de pression psycho sur le spectateur.

    Les films de Lynch sont absolument géniaux mais m’ont traumatisée,donc…

  • Beatrice says:

    oh ça va, c’est supportable quand même! tu survivras ^^
    moi j’aime beacoup l’esthétique des films de Lynch, mais en général ça me passe au-dessus… si tu aimes Lynch j’espère que tu as déjà regardé sa série Twin Peaks, moi j’ai découvert Lynch avec ça, je me suis demandée où j’étais!

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