On en entendait parler depuis un moment, ce fameux film qui va lever les tabous sur la rafle du Vel d’Hiv, un des points les plus honteux de l’histoire de la France. Des années de documentation, des moyens conséquents, un casting de grands acteurs à la hauteur du propos.

Voilà les principaux points positifs de La Rafle, qui pêche par là où il veut bien faire. Il est évident que ce film est particulièrement bien documenté, fidèle à la réalité des témoignages. On sent bien que c’est l’objectif premier du film. Sauf que la rafle finit par tenir plus du docu-fiction que du véritable cinéma. Tout est tellement linéaire, la reconstitution est tellement fidèle, qu’on pourrait conseiller ce film comme matériel pour réviser le bac d’histoire. Eh oui, la Rafle est trop scolaire dans sa mise en scène, comme dans le jeu de certains de ses acteurs. Sur ce dernier point, il y a un déséquilibre clair entre les acteurs de renom, dont le jeu est très juste, et tous les rôles plus secondaires, qui récitent leur texte plus qu’ils ne jouent. C’est vraiment très décevant ! Les enfants sont la bonne surprise de ce film, et leur jeu tout en naturel nous réserve quelques moments vrais et savoureux.

En traitant d’un sujet pareil, l’émotion se devait d’être au rendez-vous ; et si le film n’est pas forcément bon à tous niveaux, il réussit malgré tout à faire passer l’injustice de la situation, de la déportation de ces milliers d’innocents, un sentiment d’injustice renforcé par le parallèle mis en exergue entre la vie des juifs internés, pauvres, affamés, et incertains, et celle d’Hitler et de son cercle d’amis, vivant dans l’opulence et l’insouciance, et prenant leurs décisions comme si l’on parlait de bétail et non d’êtres humains, entre deux verres de champagne. On ne peut rester indifférents face à ces événements, mais le succès de la Rafle réside dans le fait qu’il évite l’écueil des larmes et des cris, bref, du pathos écœurant, ce qui aurait été déplacé.

La Rafle aurait pu être un grand film français, mais il aurait dû être confié à un réalisateur plus confirmé, et réalisé ensuite dans une optique plus artistique qu’historique peut-être…

Avec Gad Elmaleh, Jean Reno, Mélanie Laurent, Sylvie Testud…

Production: Legende Films

Distribution: Gaumont Distribution

Une réponse à to “La rafle, de Roselyne Bosch”

  • Laëtitia says:

    Augusto m’a passé l’adresse du blog, j’ai justement parlé à mes élèves de ce film, j’espère qu’on le verra bientôt ici en Espagne.
    Voici l’adresse de mon blog pour le visiter et faire des commentaires.
    L.

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