Oublié, Avatar et sa claque visuelle. Voici le nouveau phénomène du moment, universel, celui d’Alice, de retour au pays des merveilles. Basculez dans le côté obscur, et découvrez le petit monde fantastique de Tim Burton !

Alice au pays des merveilles est un film purement et simplement « parfait », mais pourtant, ce n’est pas mon Tim Burton préféré.

Un film parfait, par sa maîtrise technique magistrale : je suis allée voir le film en IMAX 3D, et j’ai découvert un nouveau sens au mot « cinéma ». C’est une nouvelle expérience que de se retrouver devant un écran aussi gigantesque, telle une fenêtre sur une nouvelle réalité ; pour la durée du film, on passe carrément de l’autre côté du miroir. Le générique de fin nous paraît même être une vue depuis un balcon, tellement tout semble proche, et « réel »… Tout est fluide, à l’esthétique ultra travaillée, unique en son genre. Un vrai régal. Que dire des effets spéciaux à part qu’ils sont incroyablement bluffants, et nous propulsent directement dans le film, au cœur du pays des merveilles : on tombe avec elle dans le trou noir, on risque de se prendre les mêmes objets à la figure, que du bonheur !

Un film parfait aussi par sa maîtrise de l’univers Burtonien, qui synthétise l’art unique et inquiétant du nouveau maître du cinéma : une nature automnale biscornue, une héroïne à la beauté pâle et venue d’une autre époque, avec sa chevelure blonde ondulée, comme Tim les affectionne ; un Johnny Depp toujours au top (comment fait-il pour crever l’écran à chaque apparition de chaque rôle, cela reste un des beaux mystères du cinéma !), et des personnages tous plus étranges les uns que les autres ; l’univers du réalisateur atteint des sommets d’originalité et de bizarrerie, qui ont fait ses lettres de noblesse. Bref, un Best-of du tonnerre, accompagné d’un rythme justement dosé ; somme toute, une réalisation au poil !

Alice au pays des merveilles relève le défi de tenir l’équilibre parfait entre d’un côté l’appropriation réussie de l’œuvre de Lewis Caroll, ses personnages loufoques, son monde, son récit, et de l’autre l’apport de la « Burton touch » ; grâce à ces deux axes si bien pesés, on obtient la recette de la variation scénaristique parfaite, à l’application tellement fine, soignée jusque dans les moindres détails !!!

Pour compléter l’esthétique des décors, on peut mentionner les prouesses en matière de maquillage et de costumes ; Johnny Depp est impressionnant en chapelier fou, il nous fait tout autant peur que rire ; quant à Mia Wasikowska, ses tenues sont tout simplement sorties de l’esprit d’un grand costumier, tenant plus de la haute couture que du conte de fée… on se croirait dans un défilé Yves Saint Laurent !

Malgré tous ces éloges, j’ai relevé certains petits défauts subjectifs. Premièrement, Danny Elfmann, pour une fois, me paraît en retrait. Où est la bande originale inspirante à laquelle nous sommes habituées ? Cela aurait sûrement renforcé l’atmosphère du film, à mi-chemin entre le monde Disney et l’ambiance post-apocalyptique/pré-genèse. De plus cette atmosphère est tellement sombre qu’elle en est presque oppressante, et ne fait peut-être pas appel à un symbolisme assez lumineux pour tempérer cette obscurité.

Aussi, alors que le film commençait bien dans la réalité aristocratique anglaise, mêlant critique subtile et humour à la Charles Dickens, le retour dans le monde réel est bâclé, expédié même. Comme si la réalité n’avait aucun intérêt, alors que le message d’Alice au pays des Merveilles est censé être l’inverse… Ce sont des défauts de pinaillage, mais qui ont tout de même empêché les petits papillons que j’ai habituellement au ventre devant un film de Tim Burton.

En conclusion, Alice au pays des Merveilles est comme un feu d’artifice privé de son bouquet final.

Avec Mia Wasikowska, johnny Depp, Helena Bonham Carter, anne Hattaway, etc.

Production: Walt Disney Pictures

Distribution france: Walt Disney Studio Motion Pictures

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