Je suis allée voir Baaria à Madrid, un film italien sous-titré en espagnol donc… ça commençait déjà mal pour la pauvre française pas vraiment bilingue que je suis!

Baaria, c’est donc une sorte de chronique en forme d’hommage à la ville natale de Tornatore, Bagheria, qui en argot sicilien se dit Baaria, une petite ville italienne, et de ses habitants, depuis la seconde guerre mondiale jusqu’à maintenant. On suit une famille, et principalement un personnage autour duquel tout se centre, Peppino. On le suit donc depuis son plus jeune âge, en cancre toujours au coin, à sa vieillesse après une vie bien remplie, entre une famille et une carrière de communiste engagé.

J’aime bien commencer par le positif; je dirai donc que Baaria est truffé d’humour et fait sourire assez souvent. Le bon esprit de la chronique familiale et le talent de ses acteurs en font un bon moment. Certains passages restent très savoureux, alors que d’autres sont peuvent être très émouvants. Tous ces bons moments passent plutôt grâce au rythme insufflé au film, dynamique.

Malgré tous ces bons points, Baaria réussit l’exploit d’être tout et son contraire: dynamique dans un sens, mais horriblement lent en même temps… Le montage trop rapide au final ne facilite pas la compréhension Baria est surtout long, que dis-je, horriblement long… Par sa durée effective, 2h30… (un vendredi soir à 22h, ça a du mal à passer!!), mais aussi par une linéarité trop prononcée, qui surprend peu et endormirait presque… Quant à la fin, elle casse totalement la linéarité précédemment évoquée, non pour le plus grand bien du film, mais pour nous laisser totalement ébétés, après tant de temps à suivre passivement ce morceau de vie, on nous réveille en sursaut, le coeur palpitant, et les neurones encore ramollis, pour finalement essayer de comprendre une fin totalement tirée par les cheveux, comme si le scénariste avait eu une panne d’écriture pour finir en beauté, et qu’il avait décidé d’écrire la fin la plus originale possible, mais la moins assortie au film, puisque c’est une conclusion trop moderne pour cette histoire empreinte de tradition et d’un petit goût savoureux de désuet…

De Giuseppe Tornatore, avec Francesco Scianna, Margareth Maddè…

Production: Quinta Communications

Distribution France: Quinta distribution

Laisser un commentaire