Oy, Oy, Oy, Stephen Frears est de retour avec un nouveau film joyeusement grinçant. Le réalisateur des liaisons dangereuses et de The Queen nous livre une bonne comédie anglaise, tout en finesse, mais bien plus sérieuse qu’elle n’y paraît.

La vie d’un petit village de la région de Londres se passe tranquillement, entre sa pension pur écrivains en manque d’inspiration, son pub et sa jeunesse avide de ragots et surtout d’activités constructives. Jusqu’au jour où Tamara Drewe retourne au village, le nez refait et les shorts raccourcis… Un vent de sensualité et de scandale va alors souffler sur la bourgade…

Tamara Drewe est une comédie aussi acerbe que subtile, aussi divertissante que mélancolique. Alors qu’au premier abord, on pourrait n’y voir qu’un vaudeville, c’est en fait une critique douce-amère du large éventail des comportements humains.

Premièrement les jeunes s’ennuient tellement qu’ils apprennent la vie dans les magazines à scandales, entre deux lancers d’œufs sur les pare-brises des voitures qui passent ; Jody, l’ado exubérante dominée par ses hormones en folie, qui attend avec impatience de se faire dépuceler par sa rock star préférée est juste à se rouler par terre. Surtout que l’actrice la joue si fraîche et naturelle qu’on lui pardonnerait toutes ses bêtises!

Ensuite, la pension pour écrivains ratés ou en mal d’inspiration, que l’on suit en second plan, donne lieu à de bonnes tranches d’humour, aux dépens de ces personnages un peu « loosers » sur les bords, ou bien alors franchement méprisables. Quant à la rock star, le cliché est tellement bon qu’on en redemande ! Mémorable, la scène de séduction à coups de baguettes de batterie !

Le personnage de Tamara Drewe est finalement un des personnages le moins drôle, mais autour duquel gravite tout un monde d’humour. Tamara est une jeune femme qui montre une apparence forte, à qui tout réussit, arriviste et égoïste. Mais cette image semble finalement être une construction personnelle, qui cache un profond mal-être. Tamara est un des personnages les plus vrais alors qu’elle semble être si fausse, avec son petit nez parfait qui l’obsède comme une Cléopâtre moderne. Sa fragilité est un des points les plus frappants du film. Car dans ce film, personne n’est ni tout blanc ni tout noir, la nuance de gris prend largement le dessus, ce qui rend cette comédie particulièrement parlante. Tamara Drewe est bien une pure comédie dramatique, puisqu’elle en abordant les problèmes de fond sans s’appesantir, et tout en faisant rire des petites choses de la vie.

Bref, une petite comédie sans prétention, qui fait du bien aux mirettes (surtout masculines…) et aux zygomatiques.

Avec Gemma Arterton, Roger Allam, Bill Camp, Dominic Cooper, Luke Evans, Jessica Barden, etc.

Production: BBC Films

Distribution France: Diaphana Distribution

Une réponse à to “Tamara Drewe, de Stephen Frears”

  • Plutôt dans le vrai cette critique et pas mal écrite 😉 Gemma Arterton est bien mieux dans ce film que dans ce navet de Prince of Persia ou elle est totalement nunuche (sacrilège de gacher un monument pareil)

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