C’est fou quand même, quand on y pense. Cette année, des deux côtés des Pyrennées, le cinéma « kiffe » la prison. On pourrait priser de magnifiques paysages, on pourrait honorer des châteaux, des héros, on choisit le plus terre à terre, le plus horrible, et on lui donne un prix. En février, c’était le très bon Le prophète, de Jacques Audiard, qui remportait le César du meilleur film 2010 ; le même mois, un peu plus au Sud, l’Espagne faisait un triomphe à Celda 211 en lui attribuant le Goya du meilleur film. Le point commun ? Deux films prenant l’univers carcéral comme terrain de jeu. D’un côté un groupe de terroristes corses qui prennent sous leurs ailes un jeune arabe, de l’autre un soulèvement de prisonniers prenant en otage trois terroristes de l’ETA.

Celda 211 prouve encore une fois que le cinéma espagnol n’a rien à envier au cinéma français. Daniel Monzon nous livre un film « coup de poing », qui ne laisse pas indemne. Celda 211 est servi par une interprétation musclée et incarnée, particulièrement par Luis Tosar (qui depuis Te doy mis ojos me fait un peur, et qui maintenant me fait définitivement peur !) qui porte sur ses épaules tout un casting d’enragés, secondé par Alberto Amman, qu’on reverra sûrement bientôt (on l’espère en tout cas). La réalisation est aussi puissante, et efficace, et jamais l’on ne s’ennuie.

Tout semble réuni pour faire un excellent film, et c’est el cas ; mais un détail me chiffonne grandement : le scénario… Tout commençait très bien. C’est le premier jour de Juan en tant que gardien de prison. Alors qu’il visite la prison, il se retrouve en plein milieu d’une émeute des prisonniers, et n’a plus comme solution pour s’en sortir, que de se faire passer pour un nouveau prisonnier… Un super point de départ, bien mis en scène, bien amené. Je dirai que j’ai adoré la première moitié du film ; après, on prend un peu de recul, on examine les détails, et on se dit que tput ça paraît bien irréaliste… Je n’en dirais pas plus, mais pour moi, le scénario va un peu trop loin, et désenchante un peu ce film noir, dur, mais passionnant.

Malgré tout, Celda 211 est un film à voir, et je suis heureuse qu’il soit sorti en France !!

Avec Luis Tosar, Alberto Amman, Antonio Resines, Marta Etura…

Production : La fabrique 2, Morena Films

Distribution : La Fabrique 2

Laisser un commentaire