Qu’on se le dise : si Colin Firth ne gagne pas l’oscar, je fais la grève des Oscars l’année prochaine.

Il en fallait du cran pour accepter d’incarner une figure si emblématique de la résistance britannique de la seconde guerre mondiale, et surtout de la sacro-sainte famille royale (à l’époque légèrement moins people…) et d’incarner un moment d’histoire si fort. Il en fallait du talent pour arriver à interpréter le roi bègue sans le ridiculiser, en montrant aussi bien sa force que sa faiblesse face à son handicap et son devoir. Un exercice que Colin Firth maîtrise tout au long du film sans jamais forcé le trait, sans jamais tomber ni dans le loufoque ni dans le pathos. Un véritable équilibriste sur le fil de l’accord parfait.

Geoffrey rush n’est pas en reste face au duc de York, tout en simplicité et naturel, un brin d’humour ironiquement déplacé face à sa majesté royale, qui rend certains passages particulièrement savoureux. L’amitié subtile entre ces deux personnages passe très bien à l’écran.

Ici, on parle de la famille royale, et mesure et discrétion sont les maîtres mots ; il faut respecter la dose adéquate de retenue British bien sûr ! Il est certain qu’on ne peut pas le nier, ce film est un pur produit anglo-saxon, presque Shakespearien dans son dosage du drame et de la comédie. La pléthore d’acteurs anglais de renom accentue le sérieux du film.

Je tiens à finir par ce que je trouve le plus important dans ce film, le plus fort et surprenant : face à une histoire en apparence assez simple, le vilain petit canard de la famille se transforme en cygne royal, le bègue apprend à moins bégayer, mais c’est justement ce mélange subtile entre simplicité du propos et complexité historico-politique qui est intéressant. Et ce qui impressionne plus que tout, c’est la dimension psychologique du personnage du duc de York, distillée petit à petit, en dose quasi homéopathique mais suffisamment en profondeur pour nous attacher à ce personnage.

Bref, un film poignant à propos d’un homme qui réussit à se surpasser. Beau, simple, so British.

Avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham-Carter, etc.

Production: See Saw Films, Bedlam Productions, FilmNation Entertainment, Momentum Pictures

Distribution France: WildBunch Distribution

Une réponse à to “Le discours du roi, de Tom Hooper”

  • maroun says:

    Ne fais pas la grève des oscars. Je suis sûr qu’il aura un oscar. Ca ne peut pas être autrement. Un jeu fin , une leçon de persévérance. Un jeu exceptionnel de vérité. J’étais allé sans trop d’enthousiasme et finalement j’en suis sorti les larmes aux yeux.

Laisser un commentaire