kingsman-posterDès les premières secondes du film, j’ai senti que je commençais bien le weekend. J’avais choisi le parfait film pour ça ! À peine les premières images et qu’est-ce que j’entends ? Money for nothing de Dire Straits, une de mes chansons fétiches, qui, il faut le reconnaître, file la banane, la pêche, la patate..ce que vous voulez. Rien de mieux pour attirer mon attention (oui oui, je suis persuadée que Matthew Vaughn a fait son film en pensant à ma réaction, bien sûr!) Et paf, ça part dans tous les sens, on est projetés dans une scène d’introduction et un générique survitaminés, ultra travaillés pour donner une première impression qui donnera le ton pour la suite. Pas le temps de rire, c’est du sérieux !

Et pourtant, Kingsman est une des meilleures comédies du moment. En reprenant habilement le genre de l’espionnage, dont le plus réputé de tous les agents est bien sûr leur James Bond national, qui aura fait et continue de faire le tour du monde comme le meilleur ambassadeur de la classe britannique, Matthew Vaughn entreprend de moderniser le genre, en adaptant au cinéma cette bande dessinée à succès.

Kingsman3Le film commence par la mort d un jeune agent en formation chez les Kingsmen. Qui sont les Kingsmen ? Bonne question. C’est une agence de renseignement ultra secrète, composée d’un petit groupe d’espions ayant comme noms de code les patronymes des membres de la table ronde, et comme coubverture un atelier de tailleur. Lorsque l’un d’entre eux meurent, on le remplace, mais il n’y a pas de création de poste  chez les Kingsmen !Après la mort de cet apprenti, le seul à ne pas être issu d’une lignée aristocrate, l’agent Galaad, incarné par Colin Firth, donne à sa femme et son fils Eggsy une médaille qui leur permettra de le retrouver et le contacter, si un jour ils ont besoin d’aide… 17 années passent, et Eggsy a grandi. Sa mère s’est recasée avec un malfrat du coin, et Eggsy semble plus attiré par les barreaux que par les études. Et alors qu’il se retrouve au commissariat, dos au mur et à deux doigts d’effectivement finir en prison, Eggsy contacte enfin Galaad…Galaad décide alors de sortir Eggsy de cette situation et de l’intégrer a la sélection du nouveau Kingsman après la mort de Lancelot…ou pour résumer: un prolo chez les aristos, dans un processus initiatique qui rappelle bien un autre prolo anglais populaire, Harry Potter qui débarque à l’école des sorciers. La version moins naïve et plus musclée bien sûr !

Kingsman1Ce qui est intéressant avec Kingsman, c’est que cette comédie est beaucoup plus qu’un simple divertissement. elle en dit long sur une certaine société britannique, sur l’identité britannique, la « Britishness » et son sens a l’ère contemporaine. Faut-il être un de ces riches gentlemen pour incarner les valeurs nobles anglaises sur le grand écran? James Bond aurait-il pu être un prolétaire venant d un quartier défavorisé? Dans ce film « 100% so British » qui ne plaisante pas avec les valeurs de sa Majesté (certaines choses se respectent en toutes circonstances, comme les bonnes manières…ou le bon whisky!) on nous livre une étude sociologique qui nous donne la solution. on ne naît pas gentleman, on le devient. Et par contre, quand on est un vilain américain, on mange MacDo, on s’habite en survêt’ orange fluo et en casquette toute moche: incarné par un Samuel L.Jackson qui imite parfaitement le cheveux sur la langue, notre antagoniste à la Steve Jobs ayant pété les plombs est un bon moment de cinéma.

Kingsman2On ressort du film, réconcilié entre les 2 générations. Kingsmen est un clash entre la vieille école des films d’espions traditionnels, les vieux James Bond dont certains auront sûrement la nostalgie, et les nouvelles écoles, dont les diverses influences créent presque une nouvelle culture cinématographique. Or dans le film, les deux générations, incarnées par Colin Firth et Taron Egerton, se toisent, se respectent, et se passent le flambeau, avec des scènes de combats a la fois so British (c’est fou tout ce qu’on peut faire avec un parapluie, vraiment!), et orchestrées presque comme un jeu vidéo grandeur nature ou un Walking Dead en moins crade. Une explosion déjantée de culture pop dans nos mirettes, et des tractions pour nos zygomatiques, sur fond de bande sonore Best of Rock.


Kingsman4Au final, c’est un grand hommage a la tradition de la vieille garde, leur costumes a la classe intemporelle, leur flegme caractérisant, et surtout les gadgets si futiles en apparence mais plus affûtés qu’un couteau suisse sortant de l’aiguiseur. comme si Matthew Vaughn souhaitait nous dire, oui, la nouvelle génération sait s’y prendre aussi, mais elle respecte et s’inspire de ce qui s’est fait avant, car notre passé n’est pas ringard mais fait partie de nous…c’est beau, mais c’est surtout l’humour British a son « must ». Précieux et fin il sait l’être moins aussi, mais toujours avec l’élégance que nous connaissons a notre chers voisins de l’autre cote de la manche!

En bref, Kingsman est un joyeux mélange d’influences qui nous prouve que le cinéma anglais ne compte pas pour des prunes, et qu’on peut rajeunir James Bond et ses copains.

…et une dernière petite photo pour le plaisir des yeux mesdemoiselles…!! (mon côté midinette ressort, help!!)

Kingsman last

Avec Colin Firth, Michael Caine, Taron Egerton, Samuel L. Jackson, etc.
Production: 21st Century Fox, Marv Films
Distribution France: 21st Century Fox France

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